Des centaines de personnes se sont rassemblées le 16 mai 2026 devant le Capitole de l’Alabama, à Montgomery, pour dénoncer le projet de redécoupage électoral de l’État. Bernice King a pris la parole devant la foule et a fait de ce combat un affrontement direct avec l’époque, lançant: « C'est l'épreuve de notre génération ».
La fille de Martin Luther King a aussi lancé aux manifestants: « Montgomery! Plus rien ne peut nous arrêter maintenant! Nous sommes en mouvement! » Le plan de l’Alabama vise à redessiner la carte électorale pour supprimer l’un des deux districts démocrates à majorité afro-américaine, au moment où la Cour suprême des États-Unis a, en avril 2026, donné carte blanche aux États du Sud en affaiblissant le Voting Rights Act.
Le rassemblement de Montgomery faisait écho aux mots prononcés par Martin Luther King au Capitole de l’Alabama 60 ans plus tôt. Sur fond de politique électorale redevenue centrale dans le Sud américain, les manifestants ont relié la bataille du présent à celle de 1965, quand la violence à Selma avait poussé le président Lyndon B. Johnson à faire adopter, quelques mois plus tard, le Voting Rights Act.
À Selma, environ 100 personnes ont retracé le chemin des militants des droits civiques en traversant le pont Edmund Pettus deux par deux et en silence. Annie Pearl Avery ouvrait le cortège en fauteuil roulant. Âgée de 84 ans, elle avait été la plus âgée des militants de Bloody Sunday, cette marche de 1965 au cours de laquelle des centaines de manifestants avaient été battus par des forces de l’ordre sur ce même pont.
King a dit qu’elle savait qu’il était important, en tant que fille du pasteur assassiné, de revenir se tenir près de l’endroit où il s’était tenu pour revendiquer son héritage, afin de montrer qu’on ne le leur enlèvera pas. Cette journée a lié Montgomery à Selma, mais aussi le passé des droits civiques à une nouvelle bataille électorale qui, en Alabama, peut désormais se jouer sans le garde-fou fédéral qui comptait autrefois.

