Les Blue Jays de Toronto sont revenus au Bronx sept mois après avoir éliminé les Yankees de New York en séries éliminatoires, et cette fois, personne dans le vestiaire canadien n’a voulu s’attarder sur ce souvenir. Toronto a battu New York en quatre matchs dans leur toute première confrontation en séries, en octobre dernier, mais le duel qui s’ouvre maintenant est une série de saison régulière, pas une revanche à élimination directe.
Vladimir Guerrero Jr. a coupé court à toute tentative de refaire le match: « It’s in the past », a-t-il dit, ajoutant que l’équipe est « very focused on trying to win the series. That’s all we have in mind right now. » John Schneider a tenu le même discours. « Last year’s over », a lancé le gérant des Blue Jays, avant d’ajouter: « Yeah, it was fun. But it’s a totally different season and a totally different group of guys. »
Le timing rend ce retour au Yankee Stadium particulièrement visible. Sept mois plus tôt, Toronto quittait New York avec une victoire en quatre matchs et l’étiquette d’équipe qui venait de faire tomber un rival historique en séries. Mais les rôles ont changé. Les Yankees entraient dans la série avec une fiche de 28-19, devant les Blue Jays, à 21-25, et avec une avance de 6,5 matchs sur Toronto. À l’échelle d’une longue saison, l’écart dit assez bien où se situe chacun au moment où les deux équipes se retrouvent.
Kevin Gausman, lui, a résumé le retour à sa manière. Le dernier passage des Blue Jays dans le Bronx avait été « a great time », a-t-il dit, tout en ajoutant: « I think we've done a good job of turning the page. » Et le lanceur a immédiatement ramené la discussion au présent: « It's a new year, you know? We can be excited about that, but we’ve got to be ready for them. They're a really good team. »
Cette saison est aussi différente sur la butte. Trois des quatre lanceurs susceptibles d’affronter les Yankees n’étaient pas dans l’effectif de Toronto l’automne dernier. Trey Yesavage a bien lancé contre New York en octobre, mais pas au Yankee Stadium. Dylan Cease a évolué pour une autre organisation en 2025, tout comme Patrick Corbin et le choix de règle 5 Spencer Miles. Ce dernier, qui a fait ses débuts dans les majeures en mars, était pressenti pour absorber la majorité des manches jeudi face à Carlos Rodón.
Ce déplacement raconte moins un acte de revanche qu’un test de réalité. Les Blue Jays, qui avaient quitté New York avec une victoire retentissante et une fiche identique de 94-68 à celle des Yankees un an plus tôt, se présentent cette fois comme une équipe différente, dans une saison différente, contre un adversaire que plusieurs observateurs jugeaient mieux armé après un hiver difficile. La série n’a rien d’une élimination, mais elle dit déjà où se trouvent les deux clubs: Toronto essaie de recoller, tandis que New York cherche à confirmer son avantage sur le terrain comme au classement.
C’est ce contraste qui donne sa vraie portée à la semaine. Les Blue Jays n’essaient pas de rejouer octobre. Ils essaient de gagner maintenant, avec un groupe remodelé, un vestiaire qui refuse de s’accrocher au passé et un premier vrai baromètre face à l’équipe qu’ils ont déjà fait tomber au même endroit.

