« Karma » a été présenté en première mondiale vendredi 15 au Festival de Cannes, avec Leonardo Sbaraglia, Marion Cotillard, Luis Zahera et Denis Ménochet au cœur de ce thriller psychologique français signé Guillaume Canet. Projeté hors compétition dans la section Cannes Première, le film place déjà son intrigue sous haute tension: dans un village du nord de l’Espagne, Jeanne tente de refaire sa vie avec Daniel sans lui révéler son passé agité, jusqu’à la disparition mystérieuse de Mateo, son filleul de six ans.
À partir de là, Jeanne fuit vers la France pour échapper à la police, qui la tient pour principale suspecte, puis se replie dans la communauté où elle a grandi, dirigée par Marc. Le film, produit par Iconoclast et écrit par Simón Jacquet, a été pensé comme une mécanique de fuite, de soupçon et de silence, avec une sortie commerciale annoncée pour le 21 octobre. Selon la source, une présentation est aussi prévue à Venise, ce qui prolonge pour « Karma » une trajectoire de festival déjà dense avant même son arrivée en salles.
Leonardo Sbaraglia dit avoir vécu cette aventure comme l’un des moments les plus marquants de sa carrière. L’acteur a expliqué que travailler avec des comédiens d’autres cultures avait été « une de les expériences les plus extraordinaires de [sa] vie », et il a insisté sur la singularité de Marion Cotillard, qu’il décrit comme « extrêmement sensible et talentueuse ». Pour lui, le tournage repose aussi sur une méthode sans filet: Guillaume Canet, a-t-il dit, ne veut pas répéter, parce qu’il ne veut pas risquer de perdre à l’image ce qui a fonctionné au cours de la répétition, et « tout se filme d’entrée, sans red ».
Ce choix éclaire la manière dont « Karma » semble vouloir fonctionner: vite, au présent, sans protection. Cela correspond à son récit, où une disparition brise l’équilibre d’une vie reconstruite et où chaque regard peut devenir un indice. Le film arrive ainsi avec une promesse précise: un drame de poursuite et de mémoire, porté par un casting de premier plan et une mise en scène qui semble préférer le risque à la sécurité. Le 21 octobre, ce sera le moment de voir si cette énergie de festival se transforme en véritable traction en salles.

