Felicien Kabuga est mort dans un hôpital de La Haye, aux Pays-Bas, a annoncé le Mécanisme résiduel international des tribunaux pénaux dans un communiqué. La juge Graciela Gatti Santana a ordonné une enquête complète sur les circonstances du décès, et le juge Alphons Orie a été chargé de la mener.
Pour Kigali et pour les survivants du génocide, sa mort referme un dossier judiciaire qui n’avait jamais atteint son verdict. Kabuga, accusé d’avoir financé le génocide contre les Tutsi au Rwanda en 1994, était poursuivi pour génocide, complicité de génocide, incitation au génocide et crimes contre l’humanité. Né en 1935 dans la préfecture de Byumba, dans le nord du Rwanda près de la frontière avec l’Ouganda, il était devenu plus tard l’un des hommes d’affaires les plus riches du pays. Les procureurs affirmaient qu’il avait utilisé sa fortune pour aider à financer les massacres de 1994, au cours desquels environ un million de Tutsi et de Hutu modérés ont été tués en 100 jours.
Son parcours judiciaire a été long et irrégulier. La Cour pénale internationale pour le Rwanda avait délivré un mandat d’arrêt contre lui en avril 2013. Kabuga a été arrêté en France en mai 2020, puis transféré au Mécanisme à La Haye en octobre 2020. Son procès devait commencer en septembre 2022, mais la chambre de première instance a suspendu indéfiniment la procédure en septembre 2023, après que la chambre d’appel l’a jugé inapte à être jugé un mois plus tôt.
Au moment de sa mort, Kabuga attendait une libération provisoire vers un État prêt à l’accueillir. Sa disparition laisse désormais entre les mains des juges une dernière question: ce que l’enquête sur sa mort dira de la fin d’une des affaires les plus emblématiques liées au génocide au Rwanda.
