Netflix a mis en ligne Nemesis le 14 mai, et la série en huit épisodes s’impose d’emblée comme un duel criminel entre Isaiah Stiles et Coltrane Wilder. D’un côté, un policier du LAPD obsédé par une équipe de braqueurs qu’il traque depuis deux ans. De l’autre, un voleur haut de gamme dont les coups sont rares, codés, et dont la dernière tragédie a ravivé l’envie de quitter le crime. Entre les deux, la mort d’un ancien partenaire que Stiles pense liée à ces braquages, et une épouse, Candace, ainsi qu’un fils, Noah, que sa fixation a relégués au second plan.
Ce qui donne du poids à Nemesis, c’est d’abord sa mécanique. Canal+ estime que la série « conjugue [tension et action] […] très efficacement », tandis que Decider y voit « un jeu du chat et de la souris haletant et impitoyable ». La même critique dit aussi que Y’lan Noel est « captivant », surtout parce qu’il apporte « de l’éthique, de la morale et de la classe à un personnage qui est en apparence un voleur et un meurtrier ». Dans l’autre camp, Matthew Law et Y’lan Noel portent une série qui ne cherche pas seulement l’affrontement frontal; elle installe deux hommes prisonniers de leurs propres obsessions, chacun persuadé d’agir pour une raison juste, chacun en train de s’abîmer un peu plus.
La série s’inscrit dans un Los Angeles de 2026 et assume son héritage de Heat. The Hollywood Reporter dit qu’elle « discute avec Heat » et qu’elle cherche à réfléchir à la criminalité, à la police et à la géographie de Los Angeles en 2026. Canal+ résume aussi son ressort principal comme celui « de l’incapacité des hommes à se défaire de leurs démons, les condamnant à la tragédie, peu importe de quel côté de la loi ils se trouvent ». Sur le papier, le programme promet donc autant le polar nerveux que l’étude de caractère, avec une ville comme terrain de chasse et de fuite.
Mais la réception critique reste nettement fendue. Decider prévient que « l’histoire […] n’a rien de particulièrement révolutionnaire », même si l’ensemble demeure prenant. The Hollywood Reporter juge les confrontations directes entre Coltrane et Stiles « décevantes et surjouées », et note que certains épisodes connaissent quelques ralentissements. Télérama va plus loin, parlant d’« une mauvaise série qui n’emprunte que le pire de Michael Mann », dénonçant aussi « cette vision du monde incroyablement genrée, où les femmes n’ont d’autre idée en tête que de supplier leur mari de venir à leur gala de charité », ainsi qu’« une image horriblement lisse ». Autrement dit, Nemesis a réussi à faire parler d’elle dès sa sortie, mais pas en offrant une lecture unanime: la série attire par sa tension et son duo central, tout en laissant en suspens une question simple pour la suite de son audience, celle de savoir si son souffle suffira à faire oublier ce que ses détracteurs voient déjà comme ses limites les plus visibles.

