Lecture: Antoine Reinartz et L’Abandon ravivent la colère après la sortie du film

Antoine Reinartz et L’Abandon ravivent la colère après la sortie du film

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Sorti mercredi, L’Abandon, réalisé par , s’est retrouvé au centre d’une nouvelle polémique au moment même où il arrivait en salles. Le film, qui raconte les jours précédant l’assassinat du professeur par un terroriste islamiste, a été montré cette semaine au , où plusieurs streamers présents à la projection l’ont vivement critiqué.

La séquence a pris une ampleur particulière sur les réseaux après l’interview de spectateurs menée par , alias @Paflemeilleur. L’un d’eux a demandé, face aux applaudissements de fin de séance: « vous applaudissez quoi en fait ? » Un autre a rappelé que le film avait été « révélé très rapidement », ajoutant que dès la fin du procès, la bande-annonce avait été lancée, ce qui rendait, selon lui, la sortie « un peu compliquée ».

Au-delà du calendrier de diffusion, c’est surtout la réception du film qui a frappé. Un spectateur a dit s’attendre à « quelque chose qui n’allait au moins pas diaboliser encore plus les musulmans », avant d’affirmer que c’était précisément ce qu’il avait ressenti, en disant être « assez énervé ». Un autre a estimé que le long-métrage donnait le sentiment que « les musulmans se font taper dessus », tout en reconnaissant que la production semblait vouloir éviter toute diabolisation.

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Parmi les critiques les plus dures, a qualifié L’Abandon de film « mauvais (..) et dangereux ». Il a expliqué qu’il pensait voir un récit plus nuancé, mais que le résultat remplissait selon lui les préjugés qu’il redoutait. « Tous les musulmans hommes sont méchants et toutes les femmes musulmanes sont soit soumises à leur mari, soit gentilles », a-t-il résumé, en ajoutant que « tous les personnages blancs sont irréprochables, gentils ». Pour lui, si le film ne faisait que produire un « narratif conflictuel », il aurait mieux valu ne pas le faire du tout.

Le point de friction tient à la manière dont le film aborde les jours précédant la mort de Samuel Paty, dans un contexte où le souvenir de l’affaire reste vif et où chaque représentation des musulmans dans ce type de récit est scrutée de près. La famille de , présenté comme le père à l’origine de la campagne de haine ayant conduit à l’assassinat du professeur, plane en toile de fond de ces réactions, qui disent moins un débat cinéphile qu’une inquiétude sur l’effet politique d’un tel récit. Le fait que les personnes au bout de la projection aient applaudi n’a fait qu’exacerber la colère de ceux qui y ont vu une incompréhension totale du sujet.

La controverse ne devrait pas retomber avec la simple sortie en salles. En révélant si vite son sujet, puis en s’exposant à Cannes avant sa diffusion, L’Abandon a été lancé dans un climat où le moindre choix de mise en scène est lu comme un geste public. Le vrai test commence maintenant: savoir si le film peut exister comme œuvre ou s’il restera, pour beaucoup de ceux qui l’ont vu, l’objet d’une accusation de plus contre la manière dont le pays raconte l’affaire Samuel Paty.

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