Aaron Rai a bouclé 54 trous du PGA Championship à la deuxième place ex æquo, à -4, et à deux coups du leader Alex Smalley. À 31 ans, l’Anglais s’est installé dans la lutte pour le Wanamaker Trophy au moment où le tournoi entre dans sa phase la plus lourde.
Rai n’en est pas à sa première présence dans un grand rendez-vous. Vainqueur sur le PGA Tour au Wyndham Championship le 11 août 2024, il compte aussi trois succès sur le DP World Tour et a déjà montré qu’il pouvait tenir quand la pression monte, comme lors de ses victoires en play-off contre Tommy Fleetwood au Scottish Open le 4 octobre 2020 puis à l’Abu Dhabi HSBC Championship le 9 novembre dernier. Classé 44e mondial, il avait signé son meilleur résultat au PGA Championship avec une 19e place l’an dernier à Quail Hollow, après une 39e place en 2024 et un cut manqué en 2021.
Né à Wolverhampton d’un père d’origine indienne et d’une mère née au Kenya, Rai a commencé sa carrière professionnelle en 2012 et a depuis construit un profil singulier sur les circuits majeurs. Son jeu s’accompagne d’un détail devenu sa marque: deux gants depuis l’enfance. « On m’a offert ces deux gants par hasard – le fabricant m’en avait envoyé une paire – et j’ai pris l’habitude de les porter », a-t-il expliqué. Pour lui, l’intérêt est concret: moins d’ampoules, moins de douleur, surtout par temps humide, et une meilleure prise sur le club.
Rai raconte même qu’un jour, après que son père a oublié les gants, il a dû jouer avec une seule paire de fortune. « Ce fut catastrophique. Je n’arrivais pas à jouer, je ne sentais plus le grip. Depuis, je joue toujours avec deux gants. Sans eux, je crois que je serais moins bon ! » a-t-il dit. Il n’utilise qu’un seul gant dans les bunkers et retire les deux pour putter, une routine qu’il a gardée jusqu’à aujourd’hui. Installé le plus souvent à Jacksonville, en Floride, près de TPC Sawgrass, Rai est aussi le seul joueur de son sac à transporter des couvre-fers. Et il avait figuré dans la liste courte pour une place dans la dernière Ryder Cup à Bethpage Black, signe que son nom circule désormais dans les cercles les plus exigeants du golf mondial.
Le contexte de ce dimanche est simple: Rai n’a plus grand-chose à prouver sur son identité de joueur, mais tout à confirmer sur sa capacité à convertir une position d’attaque en titre majeur. Ce qui compte maintenant, c’est de savoir s’il pourra transformer ce -4 après 54 trous en victoire, lui qui a déjà montré qu’il savait fermer un tournoi quand la ligne d’arrivée se rapproche.

