Les habitants de Molène ont voté dimanche 17 mai 2026 pour une élection municipale partielle qui doit mettre fin à deux mois sans maire sur cette île de 176 habitants. Bruno Corolleur, à la tête de la seule liste en présence, devrait être élu maire lors du premier conseil municipal prévu vendredi 22 mai 2026.
La liste de onze candidats a été validée par la préfecture et a permis à l’île de sortir d’une impasse ouverte après les municipales de mars, quand aucun candidat ne s’était présenté. Corolleur plaisante déjà sur son futur mandat: « Tout le monde m'appelle déjà 'monsieur le maire', pour plaisanter. Mais je leur dis: 'attendez un peu, je ne le suis pas encore' ».
Le vote de dimanche était attendu avec d’autant plus d’attention que Molène, 0,7 km², n’avait plus d’édile depuis les municipales de mars. Comme 67 autres communes en France, l’île n’avait vu aucune candidature émerger à ce scrutin, et le préfet du Finistère avait dû nommer une délégation spéciale de trois membres pour gérer les affaires courantes. La situation avait aussi fait monter, chez certains habitants, la crainte d’un rattachement à une commune du continent.
Ce risque touchait une commune à part. Molène n’est, avec l’Île de Sein, que l’une des deux communes françaises exemptées de cadastre et de taxes locales, un privilège qui remonte à Louis XIV. Pour beaucoup sur l’île, toute évolution institutionnelle pouvait donc avoir des conséquences bien au-delà du simple choix d’un maire.
La difficulté à trouver des candidats tient aussi à un changement de règles. L’introduction du vote par liste dans les communes de moins de 1 000 habitants, en remplacement du panachage, a découragé des vocations, selon Agathe Seïté. « Le fait de devoir monter une liste, ça a freiné des candidatures. C'est pas dans les habitudes électorales de Molène », a-t-elle dit.
La liste de Corolleur compte aussi François Cuillandre, ancien maire socialiste de Brest, battu par la droite lors de sa dernière tentative pour un cinquième mandat après 37 ans comme conseiller municipal et 25 ans comme maire. Âgé de 71 ans, il a expliqué son attachement à l’île en rappelant que son arrière-grand-père y avait été maire pendant deux ans. « Mon arrière grand-père a été maire de Molène pendant deux ans. J'y passe toutes mes vacances. Je ne vais jamais nulle part ailleurs qu'ici et j'ai plein d'amis qui viennent », a-t-il dit, ajoutant: « Si je peux rendre service, je le fais ».
Le conseil municipal de vendredi devrait donc donner à Molène un maire formel après une période de transition inhabituelle, et Corolleur arrive à cette échéance avec un rendez-vous personnel déjà fixé: son premier mariage est prévu le lendemain. À Molène, l’élection doit refermer une parenthèse institutionnelle, mais la vraie nouvelle est plus simple: l’île devrait enfin retrouver un maire élu au lieu d’une gestion provisoire.
