Square Enix a publié ses résultats pour l’exercice clos le 31 mars 2026, affichant un net recul du chiffre d’affaires mais une hausse du bénéfice d’exploitation et du profit net. Le groupe japonais a indiqué que ses ventes ont été tirées vers le bas par le repli des revenus des MMO ainsi que des jeux pour appareils mobiles et navigateurs PC.
Le bénéfice d’exploitation a progressé de 28 % à 43,3 milliards de yens, soit 273 millions de dollars. Dans le même temps, les ventes numériques ont diminué de 16,3 % sur un an. Square Enix a toutefois souligné la bonne tenue de Final Fantasy Tactics – The Ivalice Chronicles, Dragon Quest 1 & 2 HD-2D Remake et Dragon Quest 7 Reimagined, qui ont soutenu l’exercice.
Le groupe a également dit que ses ventes de titres de catalogue ont augmenté, passant de 16,84 millions d’unités à 19,10 millions après des efforts promotionnels. Au total, Square Enix a écoulé 26,68 millions d’unités, contre 25,45 millions un an plus tôt. Cette progression a été suffisante pour compenser une partie de la faiblesse de ses activités récurrentes, mais pas pour effacer le coup de frein venu des MMO et du mobile.
Les revenus des MMO ont reculé de 26 %, tandis que ceux des jeux pour smart devices et navigateurs PC ont chuté de 27 %. Le bénéfice d’exploitation des MMO a, lui, baissé de 31 %, Square Enix reliant cette baisse au lancement de Final Fantasy 14: Dawntrail lors de l’exercice précédent. En parallèle, le bénéfice d’exploitation de l’activité Smart Devices and PC a bondi de 64 % à 14 milliards de yens, soit 88,3 millions de dollars, grâce à une diversification des moyens de paiement et à l’optimisation des coûts d’exploitation.
Ces chiffres s’inscrivent dans la poursuite du plan triennal lancé en 2024, axé sur la revue du portefeuille, la refonte des structures de développement et l’amélioration de la gestion des titres. Au cours de l’exercice, Square Enix a remplacé son ancienne structure de divisions au Japon par une organisation Creative Studio, tout en rationalisant ses studios à l’étranger et en consolidant davantage de ressources au Japon. Le groupe a aussi dit que ces réformes des opérations internationales et l’optimisation des frais généraux et administratifs devraient permettre des réductions de coûts annuelles de plus de 3 milliards de yens à partir de FY2027.
Le contraste reste pourtant net entre la discipline financière affichée et la fragilité de certains relais de croissance. Square Enix dit vouloir renforcer sa structure de développement et son cadre de gestion des titres, tout en maximisant l’effet de sa stratégie multi-plateforme sur les nouveautés comme sur le catalogue. Le groupe parle aussi d’une logique de sélection et concentration, dans un environnement où la capacité à livrer régulièrement de nouvelles grandes licences reste, selon lui, en progrès.
Pour l’exercice suivant, Square Enix anticipe des ventes stables à 298 milliards de yens, soit 1,8 milliard de dollars, mais un recul de 10,5 % du bénéfice d’exploitation à 49 milliards de yens, soit 309,2 millions de dollars. Après une année portée par quelques sorties fortes et par la monétisation du catalogue, le groupe entre donc dans une phase où la question n’est plus seulement de vendre davantage, mais de maintenir ce niveau sans dépendre d’un petit nombre de moteurs.

