Au moins sept piétons ont été blessés samedi soir à Modène, en Italie, quand une voiture a percuté des passants sur Emilia Centro avant de finir sa course dans la vitrine d’un magasin. Quatre des blessés sont dans un état grave, et le conducteur a été arrêté par la police après l’intervention de passants et d’agents.
Selon le maire Massimo Mezzetti, l’homme, âgé de 31 ans, ne semblait pas être sous l’effet de drogues ou d’alcool. Le véhicule serait d’abord monté sur le trottoir en plein après-midi de samedi, sur cette rue très fréquentée, avant que la scène ne dégénère en soirée. Une femme, décrite comme la plus grièvement touchée, figure parmi les blessés, avec une autre personne dans un état très grave.
Le choc a aussi laissé le conducteur au centre d’une enquête qui avançait encore après son interpellation. D’après les éléments communiqués par la ville, il aurait également tenté de poignarder un passant. Un témoin a dit avoir vu le conducteur avec un couteau, que des personnes présentes ont réussi à faire tomber au sol. Le même témoin a raconté avoir entendu des bruits de collision, vu des gens renversés, puis avoir dû se jeter à terre lorsque la voiture s’est rapprochée de lui.
Le maire a parlé d’un événement dramatique et a dit chercher à comprendre la nature de l’acte, tout en soulignant qu’il s’agissait d’un fait extrêmement grave. Il a ajouté que, si cela devait être qualifié d’attentat, l’affaire serait encore plus grave. Les autorités locales ont aussi établi un parallèle avec les attaques au véhicule de Nice et de Berlin, à 11 ans d’écart de l’onde de choc qu’elles ont laissée en Europe.
La version des témoins, elle, laisse encore une zone d’ombre. L’un d’eux a assuré que le conducteur semblait drogué ou alcoolisé, avant que la voiture ne fume et que la portière soit ouverte, après quoi l’homme se serait enfui. Quatre ou cinq personnes se sont lancées à sa poursuite, selon ce récit, jusqu’à ce que le couteau tombe au sol. Cette différence entre l’impression donnée sur place et l’évaluation du maire montre combien les premières minutes de l’affaire restent fragiles, même si l’interpellation est déjà acquise.
À Rome, le ministre des affaires étrangères Antonio Tajani a parlé d’une agression violente et brutale. De son côté, Matteo Salvini a dénoncé avec virulence ce qu’il a présenté comme un criminel de deuxième génération, saluant le courage de citoyens qui l’ont maîtrisé malgré le couteau. À Modène, l’heure est désormais à l’interrogatoire du suspect et à la prise en charge des blessés, alors que la ville tente encore de comprendre comment une soirée ordinaire sur Emilia Centro a basculé en scène de panique.

