Au large de Fécamp, 71 éoliennes tournent à environ 10 kilomètres des côtes, et le parc ne fait pas l’unanimité. Pour certains habitants, il a trouvé sa place dans le paysage; pour d’autres, il reste une atteinte visible au littoral. Cette année, la taxe compensatoire liée au projet a néanmoins apporté un soutien concret à plusieurs communes du département, dont Veulettes-sur-Mer.
À Veulettes-sur-Mer, la commune a reçu 100 000 euros en 2025 au titre de cette taxe, soit près de 10 % de son budget. Françoise Guillot, qui porte la voix de la municipalité, a dit que cet argent servira notamment à payer la réparation du garde-corps endommagé par la dernière tempête. Elle a aussi reconnu que la commune était en quelque sorte indemnisée pour une vue qu’elle juge un peu abîmée.
Le parc offshore de Fécamp, en Seine-Maritime, a redistribué en 2025 près de 10 millions d’euros à des communes ainsi qu’à des comités nationaux et régionaux de pêche. Dix-sept communes du département en bénéficient. Le mécanisme est présenté comme une taxe compensatoire pour les collectivités touchées par le projet. En revanche, la loi interdit que cet argent serve directement à indemniser les pêcheurs, même si la question revient avec insistance dans les ports de la zone.
C’est là que le dossier se tend. Alexandre Leclerc dit qu’il ne pêche plus dans certaines zones et qu’il ramasse désormais 20 % de bulots en moins. Pour lui, il serait logique que les pertes des entreprises de pêche donnent lieu à une compensation versée aux entreprises concernées. « Ce sont nos entreprises qui sont impactées, que ça revienne à nos entreprises, qu’il y ait au moins une compensation de ces pertes-là. On n’est pas contre l’énergie propre, mais il faut qu’on soit logique », a-t-il dit. Son constat est d’autant plus lourd qu’un nouveau parc éolien offshore doit voir le jour dans la région dans quelques années, ce qui nourrit déjà les inquiétudes des pêcheurs.
Le débat autour de Fécamp résume la fracture que suscitent ces installations en mer: une source d’argent pour les communes, une vue jugée acceptable par certains à distance, et, pour d’autres, la sensation que l’activité de pêche paie le prix du développement énergétique sans pouvoir être compensée directement. À court terme, l’argent de la taxe aide les mairies à boucler leurs dépenses. À plus long terme, la question centrale reste celle que les pêcheurs posent déjà: qui, au juste, supporte le coût réel du parc ?

