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Corse-Nice : à l'aéroport de Nice, la nouvelle marche qui fatigue les passagers

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À l'aéroport Nice Côte d'Azur, des passagers des liaisons Corse-Nice découvrent depuis peu qu'ils ne montent plus dans l'avion comme avant. Fin avril, et son mari sont rentrés d'un voyage en devant parcourir plusieurs centaines de mètres pour atteindre la porte A44, dans la nouvelle extension du terminal 2. Le couple d'Ajaccio dit avoir été pris de court. « C'est pénible, j'espère qu'on ne va pas nous laisser là », a dit Marie-Thérèse.

Le changement tient à une contrainte technique simple: les vols entre la Corse et Nice sont opérés avec des avions ATR, qui ne permettent pas d'installer une passerelle temporaire. Les passagers doivent donc rejoindre l'appareil à pied, par la piste ou en bus. Mais dans ce nouveau secteur, le chemin s'est allongé au point de devenir un sujet de colère pour plusieurs voyageurs réguliers, surtout quand il s'agit de personnes âgées, malades ou à mobilité réduite.

Marie-Thérèse dit n'avoir reçu aucune alerte avant le départ, ni à l'arrivée. « Aucune information en amont, aucune information le long du couloir à l'arrivée... Le retour aussi a été pénible. Mon mari, qui a des problèmes aux pieds, n'en pouvait plus. Quand nous sommes arrivés à la porte il n'y avait même pas de siège pour s'asseoir ! », a-t-elle expliqué. Pour ce couple de retraités ajacciens, le retour a pris des allures d'épreuve alors que l'aéroport met en avant une nouvelle organisation censée fluidifier les flux.

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La direction de l'aéroport indique que la distance entre le contrôle de sûreté et les nouvelles portes d'embarquement est de 270 mètres, sur terrain plat, soit environ 4 à 5 minutes de marche en moyenne. Mais les passagers ne racontent pas tous la même expérience. , qui travaille dans l'immobilier et se rend à Nice trois à quatre fois par mois, tranche net: « C'est insupportable ». Il ajoute: « Il faut marcher un quart d'heure ». D'autres évoquent une marche qui peut dépasser les sensations qu'évoquent les chiffres officiels.

Ce décalage nourrit les critiques, car il touche d'abord ceux pour qui chaque déplacement compte. dit que son père est suivi à Nice pour un traitement contre le cancer et que le dernier aller-retour l'a beaucoup fatigué. « Habituellement, la canne de mon père lui suffit. Notre dernier aller-retour l'a beaucoup fatigué, ça n'est plus possible, déplore-t-elle. C'est honteux que les passagers n'aient pas été prévenus en amont de ce changement. Cette aile E n'est pas adaptée aux personnes à mobilité réduite, il y a plus d'un kilomètre à parcourir ! », a-t-elle dit. , qui parle au nom de l'association , dit pour sa part « déplore tout ce qui fatigue davantage les malades ». L'association aide les Corsicans qui se rendent sur le continent pour des raisons médicales.

, elle aussi touchée par la nouvelle configuration, estime que le trajet impose désormais une vigilance supplémentaire. « C'est une contrainte supplémentaire », dit-elle. Sa fille Pauline est diabétique, et elle prévoit désormais de vérifier sa glycémie avant d'entamer le parcours et d'emporter une collation sucrée. D'autres voyageurs voient malgré tout un avantage à l'abandon de l'attente du bus. Elsa, étudiante en alternance, qui va à Nice une fois par semaine, se dit partagée: « Je suis plutôt mitigée. On n'a plus besoin d'attendre le bus, c'est une bonne chose mais je pense que ce n'est pas pratique pour les retraités ». Sa collègue Marie confirme que le nouvel aménagement ne règle pas tout: « J'arrive avec un peu de retard en cours donc ce n'est pas à négliger », dit-elle, tout en estimant que « ça désengorge les autres portes, ça n'est pas une mauvaise idée ».

Au fond, le dossier dit moins un problème d'infrastructure qu'un arbitrage entre efficacité aéroportuaire et accessibilité réelle. Nice a ouvert une nouvelle zone d'embarquement en extension du terminal 2, mais les passagers des vols Corse restent tributaires des ATR, sans passerelle possible. Pour ceux qui marchent sans difficulté, le changement peut sembler acceptable. Pour les autres, il transforme un trajet court sur le papier en obstacle bien concret, et c'est bien ce qui s'impose aujourd'hui à l'aéroport: la nouvelle organisation fonctionne, mais elle laisse une partie des voyageurs plus loin de l'avion qu'elle ne devrait.

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