Dimanche à Lille, Christophe Pelissier peut offrir à Auxerre son maintien en Ligue 1. À 60 ans, l’entraîneur bourguignon tient une nouvelle chance de refermer la saison par un sauvetage, ou de repousser l’échéance à la semaine suivante via les barrages.
Ce serait son sixième maintien en six saisons commencées dans l’élite. Pelissier l’a déjà fait avec Amiens en 2018 et 2019, puis avec Lorient en 2021 et 2022. Cette fois, il avance avec une équipe qu’il a retrouvée dans une situation très compromise, après son arrivée à la 12e journée, quand Auxerre n’avait que 9 points. Un an plus tôt, le club avait connu la relégation en 2023 dans un championnat où quatre équipes descendaient en Ligue 2, au moment où la Ligue 1 passait à 18 clubs.
La réputation du technicien tient à cette capacité à remettre des équipes debout. Oualid El-Hajjam résume le sentiment du vestiaire d’une phrase simple: « Il est sous-coté ». Le défenseur dit aussi qu’il aimerait le voir « dans un club de plus gros calibre, car il a accompli des choses extraordinaires dans des conditions pas forcément optimales ». Il ajoute qu’« dès le début d’une saison, il crée un solide esprit de groupe, basé sur le respect, l’humilité, le travail et n’y déroge jamais ».
Chez ceux qui l’ont côtoyé, le portrait revient avec les mêmes contours. Matthieu Dreyer explique qu’« on travaille sur des éléments simples, avec l’objectif d’être le plus efficace possible », avant de souligner que Pelissier « ne panique jamais, s’adapte aux qualités des joueurs et sait comment les responsabiliser ». L’ancien gardien insiste aussi sur son charisme, porté par son accent du Sud, et sur sa façon de trouver les mots justes dans les causeries. Régis Gurtner parle, lui, de « l’immense variété » de son travail et de la fraîcheur mentale qu’il apporte dans les fins de saison. Fabien Lemoine voit en lui « un coach cérébral, qui sait se remettre en question », calme dans la tempête et attentif aux retours de ses joueurs.
Les résultats récents ont nourri cet élan. Auxerre a battu Angers 3-1 le 3 mai, puis Nice 2-1 le 10 mai, avec trois buts décisifs de Sékou Mara en deux matches. Dans ces moments-là, le cadre autour du coach compte autant que le plan de jeu. Jean-Marie Stephanopoli, chargé des séances d’entraînement et du travail tactique, et Olivier Lagarde, responsable des gardiens, forment avec lui un trio présenté comme un soutien essentiel. Lagarde est décrit comme quelqu’un qui « sent le vestiaire » et qui garde les joueurs mobilisés, pendant que Stephanopoli « se concentre sur les séances et l’aspect tactique ».
Ce fonctionnement explique en partie la régularité de Pelissier dans les opérations maintien. Le coach ne promet pas de miracle. Il impose de la méthode, du calme et des rôles clairs. À Lille, Auxerre jouera plus qu’un match de fin de saison: la validation d’un savoir-faire que plusieurs vestiaires disent avoir vu à l’œuvre, encore et encore. S’il échoue dimanche, il restera une autre route. S’il réussit, ce sera une fois de plus avec la même signature, discrète et tenace.
