Mathieu Lefèvre a dit vouloir désormais envoyer Wikie et Keijo, les deux dernières orques de Marineland, vers le delphinarium Loro Parque, à Tenerife, alors qu’il défendait encore il y a cinq mois leur transfert vers un sanctuaire au Canada. Le ministre a expliqué que l’urgence était dictée par l’état de délabrement des bassins et par le danger d’un effondrement.
« Je refuse de condamner ces orques à une mort certaine », a-t-il dit, en ajoutant que « toutes les autorisations sont disponibles ». Selon lui, le dossier peut avancer « dans les prochaines semaines » si Marineland et les parcs espagnols parviennent à s’entendre sur la mise en œuvre du transfert. Il a aussi prévenu que « le risque est évident d’un effondrement potentiel des bassins » et que, si cela se produisait, les orques seraient probablement condamnées à l’euthanasie.
Le dossier concerne les deux dernières orques encore détenues à Antibes, ainsi que les douze dauphins toujours sur place. Lefèvre a dit qu’aucune alternative crédible ne s’impose aujourd’hui à un départ vers l’Espagne, malgré l’opposition exprimée en avril 2025 par les autorités scientifiques espagnoles, qui jugeaient alors les conditions d’accueil inadaptées. À ce stade, l’option canadienne n’a pas avancé depuis six mois.
Ce revirement intervient après une séquence longue et tendue autour de l’avenir des cétacés de Marineland. En décembre 2024, Lefèvre avait dit que les cétacés ne seraient pas transférés vers l’Espagne faute de garanties suffisantes. Depuis, les chancelleries grecque et italienne ont fait savoir qu’il n’y avait pas de place dans les sanctuaires de Grèce ou d’Italie, tandis que le ministre a soutenu que l’État avait pris ses responsabilités et que tous les feux réglementaires étaient au vert.
Le point de friction reste pourtant entier: Lefèvre affirme qu’il faut agir vite parce que les bassins sont fragilisés, mais la solution qu’il privilégie dépend désormais d’un accord entre Marineland et des installations espagnoles qui s’étaient déjà montrées réservées. « Chaque jour compte. Il faut agir, et il faut agir vite », a-t-il insisté. Après des mois à chercher une issue, le dossier semble désormais enfermé entre un site qui se dégrade et des options qui, jusqu’ici, n’ont pas réussi à se concrétiser.
