La cour d’assises du Var doit rendre vendredi sa décision dans le procès de Saad Lamjarred, jugé à Draguignan pour des faits présumés remontant au 26 août 2018 à Saint-Tropez. Les débats se sont achevés mercredi soir, après une audience ouverte le 11 mai 2026.
La plaignante, identifiée dans la procédure sous le prénom d’Anne et âgée aujourd’hui de 37 ans, dit avoir rencontré le chanteur alors qu’elle était barmaid à Saint-Tropez, dans une discothèque. Elle affirme avoir accepté sa proposition de prendre un verre au bar de son hôtel avant de se retrouver dans sa chambre, où elle dit avoir été immobilisée puis violée. Saad Lamjarred, 41 ans, soutient au contraire que la relation était consentie.
L’affaire repose en partie sur des éléments versés à l’enquête. Les investigations ont établi que la jeune femme avait envoyé un message à une amie pour lui demander de venir la chercher. Cette amie a dit l’avoir retrouvée sous le choc, avec du maquillage qui coulait et les lèvres gonflées. Les deux personnes avaient par ailleurs d’importants taux d’alcoolémie au moment des faits allégués.
Le dossier est examiné à huis clos, la plaignante ayant refusé qu’il soit public. Lamjarred comparaît libre, sous contrôle judiciaire, et encourt jusqu’à quinze ans de prison. Le verdict attendu vendredi dira si la cour retient la version de l’accusation ou celle de la défense, au terme de six ans d’une procédure marquée par plusieurs volets judiciaires.
Ce procès n’est pas le premier de l’artiste en France. En février 2023, il a été condamné par la cour d’assises de Paris pour viol et violences sur Laura Prioul, pour des faits commis en 2016 dans une chambre d’hôtel à Paris, puis il a fait appel. Le 10 avril 2026, cinq personnes ont en outre été condamnées pour tentative d’extorsion visant le chanteur, dans une affaire où trois millions d’euros étaient demandés en échange d’un changement de version sur le dossier de 2016. Avant cela, il avait déjà été accusé de faits similaires au Maroc en 2015 et aux États-Unis en 2010, une procédure américaine pour viol et agression sexuelle ayant été close après un accord financier avec la victime.
Au-delà du huis clos et des versions irréconciliables, la décision de vendredi dira si la cour du Var estime que les éléments matériels et les témoignages suffisent à emporter la conviction dans une affaire qui poursuit Saad Lamjarred depuis plus d’une décennie.

