Lecture: Leon Panetta avertit que l’Iran tient Trump au cou par le détroit d’Ormuz

Leon Panetta avertit que l’Iran tient Trump au cou par le détroit d’Ormuz

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a averti jeudi que l’Iran avait « un pistolet sur notre tempe » grâce à son emprise sur le détroit d’Ormuz, estimant que pourrait avoir sous-estimé l’ampleur du problème. L’ancien chef de la CIA et ex-ministre de la Défense a dit que la guerre, censée durer six à huit semaines, allait probablement se poursuivre pendant plusieurs mois.

Panetta a présenté un tableau sombre des marges de manœuvre de la Maison Blanche. Le président, a-t-il dit, dispose de très peu d’options, et il doute que des frappes supplémentaires produisent un vrai changement dans le régime. « Je ne suis pas sûr que l’action militaire fournisse une clé pour tenter d’exercer un levier en ce moment », a-t-il dit en substance. Son avertissement tombe alors que Trump et le Premier ministre chinois ont convenu, lors de leur sommet à Beijing jeudi, que le détroit d’Ormuz devait rouvrir pour assurer la libre circulation de l’énergie.

Le cœur du message de Panetta tient à la géographie autant qu’à la politique. Selon lui, l’Iran peut continuer à encaisser ce type de pression d’après les renseignements américains, mais fermer le détroit bloquerait un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et ferait grimper les prix du carburant dans le monde entier. Il a rappelé que les responsables du renseignement américain savaient déjà qu’une attaque déclencherait une riposte iranienne visant à fermer ce passage stratégique.

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L’ancien responsable a aussi souligné ce que signifierait concrètement une tentative de contrôle de la zone. Quand il dirigeait le , a-t-il dit, les États-Unis avaient conclu qu’il fallait assez de troupes pour couvrir 50 miles de chaque côté du détroit d’Ormuz et 100 miles plus loin à l’intérieur pour tenir tout le secteur. Une telle opération impliquerait des forces terrestres américaines et entraînerait des pertes. « Il y aura des victimes à la suite d’un effort de ce genre », a-t-il dit, ajoutant que la seule approche réaliste serait un détroit opéré par une coalition alliée, garantie du libre passage des navires sans frais.

Ce constat laisse Trump devant une équation peu confortable. Panetta, qui a dirigé la CIA de 2009 à 2011 puis a servi comme secrétaire à la Défense de 2011 à 2013, a dit qu’il se demandait si une action militaire supplémentaire pouvait réellement modifier le comportement du régime. Sa conclusion est plus nette que son ton ne le laisse paraître: sans coalition capable de sécuriser Ormuz, sans troupes au sol pour tenir la zone, et avec un Iran prêt à réagir, Washington risque de découvrir que la pression militaire seule ne débouche pas sur le résultat promis.

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