Hyundai a testé un nouveau corridor commercial au Mexique en faisant passer près de 900 véhicules par l’isthme de Tehuantepec en 72 heures, une manœuvre pensée comme une alternative au canal de panama. Le groupe a d’abord acheminé les véhicules de Corée du Sud jusqu’à Salina Cruz, sur la côte pacifique de l’État d’Oaxaca, avant de les charger sur un train de fret conçu pour le transport de masse.
Le convoi ferroviaire a ensuite traversé le corridor interocéanique de l’isthme de Tehuantepec, long de 303 kilomètres, jusqu’à Coatzacoalcos, sur le golfe du Mexique. De là, la dernière étape vers la Géorgie, aux États-Unis, a été assurée par bateau. Pour Hyundai, l’essai montre qu’une chaîne logistique peut relier les deux côtes mexicaines sans passer par l’artère maritime qui relie l’Atlantique et le Pacifique.
Ce test intervient après une année où le canal de panama a été paralysé pendant un temps en 2023 à cause de graves sécheresses. Cette perturbation a rappelé à quel point certains des axes les plus utilisés du commerce mondial peuvent être vulnérables, non seulement aux tensions géopolitiques qui pèsent sur des routes comme le canal de panama et le détroit d’Ormuz, mais aussi au réchauffement climatique. Dans ce contexte, les épisodes de sécheresse deviennent un sujet stratégique pour les armateurs et les industriels qui dépendent de délais serrés.
Une étude publiée dans Geophysical Research Letters a en outre estimé que ce type de perturbation pourrait devenir plus fréquent. C’est ce qui donne à l’essai de Hyundai un poids qui dépasse le simple exercice logistique: il ne s’agit pas seulement de contourner un goulot d’étranglement ponctuel, mais de tester une solution de rechange pour un commerce mondial qui doit déjà composer avec des routes fragilisées. Le véritable enjeu est désormais de savoir si ce corridor mexicain peut passer du test à une utilisation régulière à l’échelle industrielle.

