À Agen et à Colayrac, deux concessions voient monter la demande pour les marques chinoises, dans un marché où les automobilistes cherchent à moins subir les pleins plus chers. Chez Eden Auto, qui distribue Kia, Suzuki et Xpeng depuis deux ans, les ventes du constructeur chinois oscillent récemment entre huit et douze modèles par mois.
Xpeng est arrivé sur le marché français en 2024 et ne vend que des véhicules 100 % électriques, un positionnement qui trouve davantage d’écho alors que certains acheteurs s’éloignent des modèles thermiques. Eden Auto dit aussi proposer parfois des financements à 1,40 % ou même à 0 %, un argument qui aide à faire passer le cap.
Le mouvement n’est pas limité à Agen. À Colayrac, la concession Manfé distribue les marques chinoises Omoda et Jaecoo et affirme avoir vendu plus de quarante véhicules depuis l’ouverture de son nouveau local le 4 avril. Le responsable du site dit avoir déjà vu des files devant les portes avant 14 heures à plusieurs reprises, signe d’un intérêt qui surprend encore le réseau.
Manfé estime que cette dynamique pourrait l’amener à recruter un vendeur supplémentaire pour suivre la cadence. La concession indique aussi que le ticket d’entrée pour un nouveau modèle de taille moyenne commence à 27 000 euros pour la version de base, tandis que certains modèles peuvent grimper à 46 000 euros selon le marché. Autrement dit, l’offre chinoise ne se limite plus aux véhicules perçus comme des choix d’appoint ou de niche.
Cette poussée s’inscrit dans un contexte plus large de hausse des prix à la pompe, qui pousse une partie des conducteurs vers l’électrique. Les inquiétudes sur l’autonomie et sur le manque de bornes de recharge restent présentes, mais elles s’effacent peu à peu dans les arbitrages d’achat, au moment où les marques chinoises gagnent en visibilité dans les showrooms français. La montée de ces nouveaux venus, dont Byd fait désormais partie des noms suivis de près par le marché, illustre un basculement qui ne relève plus seulement de la curiosité.

