Kkcg Maritime a déposé le 11 mai un esposto à la présidence du Conseil des ministres et l’a transmis pour information à Consob et à Ferretti, en affirmant qu’il porte sur une possible violation des règles de Golden Power par l’actionnaire chinois Weichai. Lors de l’assemblée de Ferretti, le fonds a demandé que Ferretti International Holding soit immédiatement privé du droit de vote sur l’ensemble de sa participation dans le constructeur nautique.
À titre subsidiaire, Kkcg Maritime a demandé le report de l’assemblée à une date ultérieure, une fois que les autorités compétentes auront achevé leurs vérifications. La demande place le dossier au cœur d’un conflit de gouvernance sensible pour Ferretti, dont le capital et les droits de vote se retrouvent directement questionnés avant la fin des contrôles évoqués par le fonds.
L’argument central de Kkcg Maritime est que les chantiers navals de Ferretti sont protégés par le régime Golden Power et que Weichai aurait pu manquer à ses obligations de notification. Le fonds va plus loin en estimant que l’actionnaire chinois aurait aussi pu violer le Tuf en agissant de concert avec d’autres actionnaires, ce qui élargit le litige au-delà d’une simple question de procédure.
Les remarques d’ouverture de l’assemblée ont, elles, insisté sur le fait que Ferretti entre dans le périmètre des sociétés détenant des actifs et des relations d’importance stratégique au titre des règles Golden Power. Elles ont cité les résolutions datées du 15 janvier 2025, du 9 février 2026 et du 8 avril 2026, et rappelé que Ferretti avait créé en 2016 une division dédiée, la Ferretti Security Division, pour développer des bateaux destinés au secteur de la défense.
Selon ces remarques, cette division utilise des technologies mises au point dans le secteur civil pour concevoir et construire de nouveaux bateaux à usage militaire pour des clients institutionnels en Italie et à l’étranger. Elles ont aussi soutenu que l’obligation de notification n’aurait jamais été remplie, une position qui va à l’encontre de l’alerte portée par Kkcg Maritime et du doute qu’elle soulève sur le comportement de Weichai.
Le dossier intervient alors que le débat porte précisément sur le respect des obligations de notification liées au Golden Power et sur le fait de savoir si Ferretti se trouve bien dans le périmètre des entreprises considérées comme stratégiques. Kkcg Maritime dit détenir 23,23 % du capital de Ferretti par l’intermédiaire d’Azur, ce qui donne à sa demande un poids immédiat dans une assemblée déjà placée sous le regard des autorités compétentes.
La suite dépend désormais des vérifications en cours et de la capacité des autorités à trancher rapidement une question devenue centrale pour la gouvernance du groupe. Tant que ce point n’est pas réglé, le bras de fer autour des droits de vote de Ferretti International Holding restera au centre de l’assemblée et du dossier Golden Power.
