Donald Trump a entamé jeudi 14 mai une visite officielle en Chine, au lendemain d’un accueil à Pékin par Xi Jinping mercredi soir, lors de la première venue d’un président américain dans le pays depuis 2017. La rencontre a immédiatement placé Taïwan au centre des échanges, alors que les deux puissances cherchent à éviter qu’une rivalité déjà brutale ne dégénère davantage.
Xi Jinping a prévenu Trump que Taïwan restait « la question la plus importante » dans la relation sino-américaine et a averti que, si le dossier était mal géré, « les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit ». C’est la mise en garde la plus directe sortie de ces discussions, et elle a d’autant plus de poids que Washington n’a pas mentionné Taïwan dans son compte rendu des entretiens. Scott Bessent a, lui, indiqué que Trump parlerait de cette question dans les prochains jours.
Cette séquence intervient après une année 2025 marquée par une guerre commerciale féroce entre les États-Unis et la Chine, avec des répercussions mondiales. Pékin a décrit la relation entre les deux pays comme une « relation de stabilité stratégique constructive », une formule de détente qui tranche avec les mois de tarifs douaniers et de restrictions multiples. Le sommet doit se poursuivre vendredi avec un déjeuner de travail entre les deux dirigeants.
Trump a aussi livré, dans une interview à, une version plus large de sa conversation avec Xi. Il a affirmé que le dirigeant chinois lui avait dit ne pas vouloir fournir d’équipement militaire à l’Iran, qu’il voulait voir le détroit d’Ormuz rester ouvert et qu’il avait proposé d’aider à le rouvrir. Selon la Maison Blanche, Xi Jinping a par ailleurs dit s’intéresser à acheter davantage de pétrole américain. Le détail compte: au moment où Pékin et Washington tentent de calmer le jeu, le président américain a choisi de mettre en avant des dossiers régionaux qui dépassent largement la seule relation bilatérale.
Le fond du problème reste le même. Taïwan est une île démocratique soutenue par les États-Unis et considérée par Pékin comme une province appelée à être réunifiée avec la Chine. Le détroit d’Ormuz, lui, est présenté dans les informations fournies comme fermé par l’Iran depuis le début de l’attaque américano-israélienne du 28 février. Entre la guerre commerciale, Taïwan et les tensions au Moyen-Orient, ce sommet teste moins une détente qu’une capacité à contenir plusieurs crises à la fois. Pour Trump, la question n’est pas seulement ce qu’il dira dans les prochains jours, mais jusqu’où Pékin accepte encore de parler sans durcir le bras de fer.

