Yves de Gaulle a dit préférer que La Boisserie soit vendue au conseil départemental de la Haute-Marne, rejetant l’idée qu’un particulier puisse acquérir la propriété familiale. Dans des propos publiés le 14 mai 2026, il a résumé sa position d’une formule sans détour: « L’avenir de La Boisserie est d’être la demeure de tous les Français ».
Le plus jeune des héritiers connus pour s’exprimer publiquement sur ce dossier a aussi affirmé: « je suis personnellement favorable à la solution « départementale » ». Cette prise de position relance un dossier déjà ouvert depuis plusieurs mois, alors que la question de vendre La Boisserie était déjà évoquée en décembre 2024 et que le désaccord entre les quatre petits-fils de l’amiral était alors connu. La propriété est toujours détenue par la famille.
Le poids de l’enjeu ne tient pas seulement à la valeur symbolique du lieu. La Boisserie, fameuse propriété du général de Gaulle, fait l’objet d’une procédure engagée par l’État pour être classée au titre des monuments historiques. Les services de l’État l’ont estimée à 800.000 euros, quand une agence immobilière l’a chiffrée à trois millions d’euros, un écart qui dit assez combien le débat dépasse la seule logique de marché.
Depuis le 1er mai 2026, le département exploite déjà La Boisserie, auparavant confiée à la Fondation De Gaulle. Cette évolution donne un poids particulier à l’option défendue par Yves de Gaulle, qui verrait l’institution publique prolonger son rôle au-delà de la seule gestion quotidienne. Le 22 mai, le conseil départemental doit d’ailleurs examiner la question de son conseil scientifique, un rendez-vous qui devrait préciser la suite du dossier.
Reste une contradiction difficile à contourner: si le bien est encore dans la famille, son avenir se joue désormais entre la volonté d’en faire un lieu ouvert aux Français, la protection patrimoniale engagée par l’État et les choix concrets d’une collectivité qui l’administre déjà. Dans ce dossier, le prochain mot appartiendra moins aux héritiers qu’aux institutions qui ont commencé à s’en emparer.

