Colorado a arraché son billet pour la finale de l’Association de l’Ouest mercredi en battant Minnesota en prolongation, au terme d’un retour spectaculaire conclu par Brett Kulak. L’Avalanche a comblé un déficit de 3-0 dès le premier tiers et a remporté la série en cinq matchs.
Le scénario a basculé tard. Colorado a marqué deux fois dans les 3 1/2 dernières minutes du temps réglementaire, Nathan MacKinnon égalisant à 1:23 de la fin avant que Kulak ne fasse mouche en prolongation. Parker Kelly avait lancé la remontée avec une déviation en deuxième période, puis Martin Necas a sauté de son banc sur la séquence victorieuse après avoir vu que Colorado évoluait avec un joueur de moins.
Le but de Kulak était son quatrième en séries éliminatoires en 107 matchs de post-saison, un chiffre qui résume assez bien la rareté du moment. Pour un défenseur surtout connu pour fermer le jeu, absorber de lourdes minutes et neutraliser les meilleurs trios adverses, ce n’était pas le genre de fin qu’on associe d’ordinaire à sa carrière de 663 matchs dans la LNH. Et pourtant, mercredi, c’est lui qui a donné à l’Avalanche la victoire et la suite du parcours.
Colorado arrivait dans cette série avec le trophée des Présidents, récompense de la meilleure saison régulière, mais la série a été bien plus rude que le score global ne le laisse croire. Le club a dû surmonter ses difficultés dans les matchs éliminatoires à domicile, un fardeau qui le poursuivait depuis sa dernière victoire dans une série des séries de la LNH sur sa glace, en 2008. Le fait d’effacer un départ aussi mal engagé face à Minnesota, puis de finir le travail dans une cinquième partie, donne à ce succès un poids particulier.
Dans le vestiaire, l’entraîneur Jared Bednar a résumé la soirée sans chercher à la maquiller. Il a dit qu’il souhaiterait trouver une façon plus simple de gagner et a reconnu que la victoire tenait à un effort collectif, avec quelques joueurs capables de garder la foi et d’entraîner les autres dans le combat. « Ce n’était pas le meilleur match de tout le monde, c’est certain », a-t-il dit en substance, avant d’ajouter que l’équipe avait fini par trouver un moyen. C’est précisément ce qui a différencié l’Avalanche mercredi: pas une marche triomphale, mais une reprise en main dans le chaos.
Pour Kulak, le moment avait aussi une résonance personnelle. Le défenseur, passé par Montréal puis Edmonton, venait des deux dernières finales de la Coupe Stanley avec les Oilers sans pouvoir aller jusqu’au bout. Il avait déjà dit qu’en tant que défenseur, on rêve forcément d’un but comme celui-là, même si ce n’est pas lui qu’on cherche d’abord en regardant le banc. Cette fois, il a été le dernier nom sur la feuille de pointage, et celui qui a fait passer Colorado à l’étape suivante.
La suite arrive vite pour l’Avalanche, maintenant à quatre victoires d’un titre de conférence et toujours en quête d’un parcours qui confirme enfin la place que lui donne son statut de favori. Mais mercredi, l’histoire n’a pas porté sur le trophée des Présidents ni sur les hockey scores du passé. Elle a tenu dans une remontée de 60 minutes, un banc qui a tenu bon, et un défenseur qui a fermé la porte au moment où tout indiquait que Colorado allait en rester là.

