Au procès de Claude Doiron, la plaignante a raconté à la barre une journée de l’été 1988 qu’elle dit ne pas avoir oubliée. Elle a décrit des gestes allégués d’agression sexuelle, d’attouchements sexuels et d’incitation à des attouchements sexuels, survenus alors qu’elle avait 12 ans, pendant les vacances scolaires qui suivaient sa 6e année.
Le témoignage entendu mardi est au centre de ce dossier parce qu’il remet en scène, 38 ans plus tard, ce qu’elle dit avoir vécu à Cloridorme, près de Gaspé, avant que Claude Doiron ne devienne policier. L’accusé, aujourd’hui âgé de 63 ans, fait face à trois chefs d’accusation et plaide non coupable.
Devant le tribunal, la femme, maintenant dans la cinquantaine, a dit que Doiron, alors âgé de 25 ans, l’avait embrassée et avait insisté pour qu’elle monte dans une voiture rouge avec lui. Elle a ajouté qu’il lui avait mis la main sur les seins sous sa chemise, puis qu’il avait ouvert sa fermeture et s’était masturbé à côté d’elle avant de se tourner vers elle pour lui caresser la poitrine et l’embrasser. Elle a aussi affirmé qu’il aimait hypnotiser les gens et qu’il avait hypnotisé sa sœur.
La défense a cherché à préciser chaque détail qui pourrait aider à fixer la chronologie. Me Jean-François Boucher lui a demandé si elle portait une robe ou une jupe, puis si elle avait une brassière. Elle a répondu qu’elle portait un pantalon et une chemise, avec une brassière dessous.
Les photos montrées ensuite à la cour ont ajouté une autre couche au débat. La plaignante a identifié les personnes qui s’y trouvaient, dont elle-même, mais elle a dit que les clichés avaient été pris à l’été 1989, dans une municipalité de Lanaudière. Or, des notes manuscrites au dos indiquaient plutôt l’été 1988. Elle a dit ne pas reconnaître cette écriture et a soutenu que ces annotations ne prouvaient rien, se disant certaine de l’année en raison d’une photo d’identité scolaire prise dans les semaines suivant son séjour.
Ce désaccord sur une simple date pèse lourd dans un dossier où chaque repère compte. Si les photos relèvent bien de 1988, elles s’alignent avec la version de la plaignante; si elles datent de 1989, elles déplacent le cadre d’un an et brouillent la séquence qu’elle a décrite. Le tribunal devra maintenant décider quelle lecture retenir de ces images, et si cette différence suffit à ébranler ou non le récit tenu depuis la barre.
