La certification ARBO-S entrera en vigueur le 8 juin 2026 et imposera 1 000 heures de formation en arboriculture à certains employés municipaux qui travaillent au sol ou sur une échelle. Pour les villes, le changement tombe à point nommé: il faut désormais organiser qui peut intervenir autour des arbres et avec quelle formation.
À quelques jours de l’entrée en vigueur, la question est déjà sur la table dans les municipalités. À Granby, Julie Bourdon a dit que la ville était en train d’embaucher quelqu’un pour donner la formation. À Trois-Rivières, Jean-François Aubin a demandé qu’on repousse la certification en arboriculture, estimant que les municipalités doivent maintenant imposer plus de 1 000 heures de formation à leurs employés pour pouvoir planter des arbres.
Le ministère de l’Emploi délivre la certification et investit dans le programme, mais il a renvoyé les questions au ministère du Travail et au ministère de l’Éducation. Le ministère du Travail a confirmé que le gouvernement avait adopté le règlement et que la CNESST en assure l’application. De son côté, la CNESST a indiqué par courriel qu’elle précisera quelles interventions exigent un certificat en arboriculture.
C’est là que la règle se heurte à une zone grise. La plantation d’arbres ne nécessite pas de certificat, puisqu’elle est considérée comme un travail horticole, même si la nouvelle mesure est présentée comme une exigence de 1 000 heures pour des employés qui plantent des arbres. Le cadre change donc pour certains travaux sur le terrain, mais pas pour tous ceux qu’on associe spontanément à l’entretien des arbres en ville.
Ce nouveau régime s’inscrit dans une modification du Règlement sur la santé et la sécurité du travail, dans un contexte où les municipalités devaient déjà vérifier la conformité de leurs fournisseurs à la loi 101. La différence, cette fois, est que la responsabilité ne porte plus seulement sur les contrats, mais sur la capacité même des équipes municipales à toucher aux arbres, à monter sur une échelle ou à travailler au sol. La vraie réponse attendue maintenant est simple: quelles interventions, au-delà des exemples déjà cités, la CNESST retiendra-t-elle comme nécessitant un certificat en arboriculture?

