Lecture: Catherine Brisson : Nervures marie horreur, fable et drame rural au Québec

Catherine Brisson : Nervures marie horreur, fable et drame rural au Québec

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et reviennent avec Nervures après le succès de , et leur nouveau film place l’horreur au cœur d’une histoire de famille dans un village québécois. Le récit suit Isabelle, qui rentre pour la fin de semaine dans sa localité natale avec sa conjointe et découvre que son père est mort depuis trois jours.

C’est pour cette alliance entre genre et réalité que Catherine Brisson attire l’attention maintenant. Le projet met en scène dans un rôle central, entourée de , , Alexandre Castonguay, Sylvain Marcel et Anana Rydvald, dans une œuvre qui parle de désertification des villages, de changement climatique et d’aide médicale à mourir sans quitter la fiction fantastique.

St-Jean dit qu’il voit dans le film de genre un terrain idéal pour parler de préoccupations sociales bien réelles. Avec Girard, il veut que les thèmes surgissent de façon fantasmée, magique et ironique, pour que le public fasse ses propres liens en sortant. Le cinéaste cite de Georges Franju et La goutte d’eau, dans de Mario Bava, parmi ses inspirations, mais il revendique aussi un goût ancien pour les contes et le merveilleux.

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Cette ambition donne à Nervures une couleur particulière. Le film est bien décrit comme un récit d’horreur, mais St-Jean dit avoir voulu que les transformations mènent à la beauté, et non à un simple body horror frontal. Le réalisateur, grand admirateur de Lovecraft, rappelle aussi avoir signé en 1998 le téléfilm Out of Mind: The Stories of H.P. Lovecraft, une autre manière pour lui de faire entrer la distorsion du réel dans l’image.

Romane Denis dit avoir été séduite par ce cinéma québécois qui repousse les limites et montre qu’on peut renouveler le genre sans suivre une voie américaine. L’actrice avait déjà joué dans Slaxx, la comédie horrifique d’Elza Kephart, et elle retrouve ici une proposition plus grave, où le fantastique sert un drame rural intime plutôt qu’un simple effet de peur.

Le film a aussi été resserré autour de Denis très tôt. St-Jean explique qu’Isabelle avait d’abord été écrite dans la trentaine, avant qu’il ne décide de la rendre plus jeune après avoir vu l’audition de Denis avec Marie-Thérèse Fortin. Dans l’histoire, la mère appelle sa fille « mon petit miracle », et ce lien rend plus rude encore l’épreuve qui l’attend: faire face trop tôt à la maladie, à la vieillesse et à la mort.

C’est là que Nervures prend toute sa mesure. Pensé comme une production aux moyens limités, mais capable de montrer les transformations plutôt que de seulement les suggérer, il s’inscrit dans une lignée de cinéma québécois de genre aux côtés de titres comme Les affamés et Slaxx. Ce qui manque encore, en revanche, c’est la réponse la plus pratique pour le public: aucune date de sortie largement établie n’a été confirmée, et c’est désormais le prochain jalon à surveiller.

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