Les compagnies aériennes vont devoir dépenser 100 milliards de dollars de plus en carburant cette année, et les billets devraient monter en conséquence. Réunis à Rio de Janeiro pour le sommet de l’Iata, les dirigeants du secteur ont prévenu que ce choc ferait aussi tomber les bénéfices mondiaux de l’industrie à 23 milliards de dollars, soit la moitié du niveau attendu.
Cette alerte tombe au moment où les transporteurs recalculent déjà leurs prix pour cette année et pour 2026, avec un carburant jet fuel attendu 70 % plus cher sur l’ensemble de la période. C’est maintenant que la question devient concrète pour les voyageurs, parce que les compagnies doivent décider combien du surcoût elles répercuteront sur les billets, et à quelle vitesse.
Willie Walsh a été direct: des prix du pétrole élevés entraîneront inévitablement des billets plus chers, et il n’y a « juste aucun moyen d’y échapper ». Le directeur général de l’Iata a ajouté que le secteur traverse un moment « difficile et imprévisible », avec des marges « au rasoir », tout en disant que l’industrie restait rentable et prévoyait encore de la croissance, avec un trafic en hausse de 2 %.
Mais Walsh a aussi glissé un avertissement plus sombre. Il a dit que la hausse de la facture carburant pourrait devenir « potentiellement existentielle » pour beaucoup de compagnies, même si les pénuries de carburant sont désormais derrière elles. L’Iata estime en outre que certaines compagnies pourraient avoir du mal à survivre au choc lié à la fermeture du détroit d’Ormuz en mars, qui a étranglé une partie de l’approvisionnement pétrolier.
La pression ne frappera pas tous les passagers de la même façon. Sean Doyle a dit qu’il n’y avait « pas moyen d’y échapper — si le carburant monte, les tarifs doivent monter », mais il a ajouté qu’une compagnie comme BA, avec beaucoup de long-courrier, de clientèle affaires et de sièges premium, répercuterait sans doute davantage ses coûts qu’un transporteur qui se bat surtout sur le court-courrier loisirs. Les recherches de l’Iata montrent aussi qu’environ la moitié des passagers accepteraient de payer nettement plus si les tarifs suivaient le prix du pétrole.
Le vrai test commence maintenant, car les compagnies ne disent pas encore combien ni à quelle vitesse elles vont augmenter leurs prix. Ce qui est clair, en revanche, c’est que le choc du carburant ne restera pas cantonné aux bilans. Il devrait se retrouver, très vite, sur le prix des sièges les plus exposés aux hausses.

