Le corps de Lyhanna, 11 ans, a été retrouvé jeudi en France, quelques semaines après sa disparition à la fin de mai. Depuis, le pays s’interroge moins sur l’identité du principal suspect que sur la manière dont Jérôme B., 41 ans, a pu rester au centre de plusieurs alertes avant la mort de l’enfant.
C’est cette découverte qui alimente aujourd’hui la colère. Avant la disparition de Lyhanna, Jérôme B. faisait déjà l’objet de trois plaintes pour viol et attouchements sexuels, ainsi que d’un signalement pour comportement inapproprié envers une lycéenne. D’après des médias français, il est désormais visé par neuf procédures judiciaires, ce qui donne à l’affaire une portée bien au-delà du seul drame familial.
Le gouvernement français a ouvert une enquête sur le traitement des plaintes visant le principal suspect, après que le ministre de la Justice a parlé de graves « défaillances » dans le dossier. Il a aussi ordonné le réexamen de 70 000 plaintes concernant des enfants d’ici au 14 juillet, un geste rare qui montre combien l’affaire a débordé du seul cadre pénal pour devenir un test de confiance dans l’appareil judiciaire.
Le point qui dérange le plus reste le décalage entre les alertes et l’issue du dossier. Jérôme B. avait été accusé et incarcéré pour séquestration le 1er juin, après la disparition de Lyhanna, mais les plaintes et le signalement existaient déjà avant qu’elle ne soit portée disparue. C’est précisément ce contraste, entre des signaux connus et un résultat irréversible, qui nourrit les critiques sur la chaîne de décision.
Dimanche, plus de 6 000 personnes ont défilé en silence dans les rues de Fleurance. Les parents de Lyhanna ont mené la marche, une pancarte « Plus jamais ça! » à la main, transformant la douleur privée en accusation publique contre les ratés supposés du système. Le nom de la fillette est devenu le point de ralliement d’une indignation qui ne vise plus seulement un homme, mais aussi ce qui n’a pas été fait avant qu’il ne soit trop tard.
La suite dépend désormais de l’examen annoncé par le ministère de la Justice. D’ici au 14 juillet, 70 000 plaintes liées à des enfants doivent être revues, et c’est là que se jouera la réponse la plus concrète à une question devenue centrale en France: qu’est-ce qui, dans le traitement des plaintes contre Jérôme B., a été manqué avant la mort de Lyhanna?
