Lecture: Logement : les reprises ont bondi six fois au Québec, Jolène Ruest en fait les frais

Logement : les reprises ont bondi six fois au Québec, Jolène Ruest en fait les frais

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Au Québec, les reprises de logement ont été multipliées par six entre 2020 et 2023, et cette hausse se traduit maintenant dans la boîte de réception de locataires comme . Le 28 décembre, elle a reçu un courriel intitulé « ».

La nouvelle propriétaire de Mme Ruest dit avoir besoin de l’appartement pour loger son fils, qui entreprendrait ses études collégiales à l’automne suivant. Le calendrier compte aussi: un avis de reprise doit partir au moins six mois avant la fin du bail, et pour un bail qui commence le 1er juillet, la date limite tombe au 31 décembre. Autrement dit, ces annonces se glissent souvent dans la période des fêtes, au moment où plusieurs locataires ont autre chose en tête que des procédures de logement.

Le cas de Mme Ruest frappe parce qu’il oppose une reprise à un logement qui reste largement en deçà du marché. Son loyer est de 620 $ par mois, alors qu’un logement de même taille dans Hochelaga-Maisonneuve tourne plutôt autour de 1276 $. Dans un quartier où la crise du logement continue de serrer l’étau, quitter un trois et demie à ce prix-là ne veut pas dire trouver l’équivalent plus loin; cela veut souvent dire encaisser une hausse brutale.

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Le place cette montée des reprises dans le même tableau plus large que les évictions et la pression locative qui s’accentue à Montréal et ailleurs au Québec. Pour Jolène Ruest, l’enjeu n’est pas abstrait: il touche à l’endroit où elle vit, au coût qu’elle peut encore payer et à la place que le occupe désormais dans sa vie. Elle résume d’ailleurs ce face-à-face avec une formule qui dit beaucoup de l’impossibilité de réduire un bail à un simple numéro: « Une porte / Les investisseurs / nous appellent / une porte / une métonymie / pour oublier / les personnes / derrière le judas ».

Son essai, , paraît en 2026 chez XYZ à Montréal, avec 312 pages. Mais la question qui demeure, pour elle comme pour bien des locataires, est plus immédiate: la reprise annoncée sera-t-elle contestée, acceptée ou réglée d’une autre manière ?

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