Les Québécois qui réservent déjà leurs vacances d’été 2026 se tournent plus volontiers vers le Maroc, l’Europe et certaines destinations soleil que vers les États-Unis. Dans le portrait dressé par Myriam Boudreault, agente de voyage et propriétaire de Voyage Horizon, les choix se déplacent vers des séjours jugés plus attirants, plus longs et, dans plusieurs cas, plus simples à planifier.
Ce déplacement est recherché maintenant parce qu’il touche les réservations en cours pour l’été 2026, au moment où plusieurs familles comparent encore les options. Boudreault observe que Cuba traverse une période tendue, alors que le Mexique, la République dominicaine et la Jamaïque demeurent des valeurs sûres. Elle note aussi que les vols peuvent être plus limités vers certaines destinations soleil l’été, ce qui pousse plusieurs vacanciers vers le Panama et le Costa Rica.
Le Costa Rica ressort particulièrement. « Ça gagne en popularité depuis longtemps. De nombreux Québécois s’y installent également pour de longs séjours, souvent de plus de deux semaines. Ils louent un véhicule et partent à la découverte de plusieurs régions. Dans le cas du Costa Rica, ça vaut vraiment la peine », dit Boudreault. L’image d’un voyage plus souple, plus long et plus autonome semble plaire à une clientèle qui veut voir davantage qu’une seule plage ou un seul complexe.
L’Europe reste aussi très prisée, surtout pour l’histoire, les monuments et les paysages. Boudreault rappelle que le Portugal et l’Espagne figurent souvent parmi les destinations les moins chères sur le continent, malgré le coût de l’euro. « À cause de l’Euro, ça coûte toujours un peu plus cher que ce qu’on est habitué de débourser. En termes de coût de vie, c’est sûr que le Portugal, l’Espagne, c’est souvent dans les moins chers. Une fois qu’on est à destination pour le coût des repas, nos dépenses personnelles... », dit-elle. D’autres voyageurs se laissent tenter par la Grèce ou l’Italie, tandis que l’Albanie suscite un intérêt grandissant après le gros boom qu’a connu la Croatie.
Le Maroc fait aussi partie des destinations qui restent sur le radar des Québécois, dans un contexte où les choix se diversifient entre soleil, culture et découvertes plus récentes. Boudreault décrit l’Albanie comme une destination encore jeune, mais déjà plus présente dans les discussions de réservation, ce qui montre à quel point les habitudes de voyage bougent vite quand une destination gagne en visibilité.
En face, les États-Unis restent boudés par plusieurs Québécois, même si des départs ont repris cette année. « Cette année, on voit qu’il y a quand même des départs. L’été passé, il y avait eu énormément d’annulations des fournisseurs, notamment pour les voyages en autocar vers New York, Boston et Chicago. Là, cette année, c’est revenu, peut-être pas autant qu’avant, mais c’est là », dit Boudreault. Le recul des ventes n’est donc pas total, mais il continue de peser sur la demande.
Ce contraste compte aussi parce qu’il arrive dans une saison où le Québec lui-même capte une part importante des envies de vacances. L’an dernier, 95 % des Québécois avaient l’intention de participer à au moins une activité récréotouristique sur le territoire québécois, selon un sondage d’Événements Attractions Québec. Les festivals, le plein air et les sites naturels figuraient parmi les activités les plus populaires, un rappel que le marché des vacances ne se joue pas seulement entre le Sud et l’Europe.
Pour l’instant, la vraie mesure de cette tendance se fera dans les prochaines réservations. Le Maroc, le Costa Rica et l’Albanie montent dans les conversations, mais la demande réelle de l’été 2026 dira si cet intérêt se transforme en choix massif ou s’il reste une préférence portée par quelques segments bien précis de voyageurs québécois.
