Lecture: Le Canada envisagerait des Gripen au moment où le Lockheed Martin F-35 Lightning Ii était choisi

Le Canada envisagerait des Gripen au moment où le Lockheed Martin F-35 Lightning Ii était choisi

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Le gouvernement Carney aurait décidé d’acheter au moins quelques chasseurs Gripen de fabrication suédoise, un virage qui rouvrirait un dossier que le Canada croyait clos. Cette décision rapportée placerait un nouvel appareil dans la flotte canadienne alors que le F-35 Lightning Ii avait déjà remporté la compétition nationale pour le prochain avion de combat.

La nouvelle attire l’attention parce qu’elle ne touche pas seulement un contrat d’armement. Elle peut modifier la façon dont le Canada opère avec ses alliés, au moment même où Ottawa cherche à faire évoluer sa flotte et à savoir si le pays peut encore absorber un type d’avion supplémentaire sans ralentir tout le reste.

a qualifié cette orientation de « costly mistake ». Son jugement vise surtout l’écart entre les deux appareils. Le F-35 a été conçu dès l’origine comme une plateforme en réseau, avec des capteurs et une architecture de communications intégrés à la structure de commandement de l’ en mutation. Virtuellement tous les grands alliés et partenaires proches de l’Alliance l’utilisent déjà ou l’achètent. Le Gripen, lui, existe en dehors de cet écosystème.

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C’est précisément ce qui donne du poids à la décision rapportée. Le Gripen est présenté comme un moyen de diversifier la chaîne d’approvisionnement de défense du Canada, mais le pays arrive à ce choix avec une base industrielle que trois décennies de sous-investissement ont affaiblie. Le pipeline d’innovation qui reliait les entreprises canadiennes aux est décrit comme pratiquement rompu. Ajouter une nouvelle plateforme étrangère suppose donc non seulement un achat, mais aussi une capacité d’absorption que l’appareil industriel canadien ne semble plus avoir.

Le contraste est aussi opérationnel. Les pilotes canadiens qui voleraient sur Gripen opéreraient, selon le dossier, avec une perception de la situation réduite aux côtés de leurs homologues du Five Eyes. L’avion suédois est un chasseur de quatrième génération conçu pour la défense territoriale de la Suède, non pour la guerre en réseau au sein d’une coalition. Cela le place à distance du modèle retenu par les principaux partenaires du Canada, même si Ottawa invoque la diversité des fournisseurs pour justifier le changement.

Le vrai problème est ailleurs, dans la capacité du système canadien à exécuter ce genre de décision. Le nouveau du ministère de la Défense nationale couvre moins de 10 pour cent de la valeur annuelle totale des contrats du ministère; les 90 pour cent restants restent entre les mains de l’appareil d’approvisionnement existant. Or cet appareil a produit pendant des années des retards de calendrier et des dépassements de coûts. C’est dans cette machine-là que le Canada devrait maintenant intégrer un autre type d’avion, alors même qu’il peine déjà à faire fonctionner les dossiers qu’il connaît le mieux.

Le Canada avait pourtant mené une compétition rigoureuse pour son prochain chasseur, et le F-35 l’avait emporté. Après des années de résistance, le gouvernement libéral de avait fini par accepter ce résultat. En décidant désormais de prendre au moins quelques Gripen, le gouvernement Carney reviendrait sur un processus achevé sans dire combien d’appareils seraient achetés ni à quel calendrier ils entreraient en service. C’est cette absence de précisions qui compte maintenant: Ottawa a fait savoir qu’il pourrait changer de flotte, mais pas encore à quelle échelle ni à quelle vitesse.

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