Public Citizen a publié jeudi 4 juin un rapport qui met la future salle de bal de la Maison-Blanche au centre d’une question très simple: qui paie, et que reçoivent en retour les entreprises donatrices ? Le groupe affirme que plus de la moitié des donateurs identifiés ont obtenu de nouveaux contrats fédéraux ou des contrats élargis, pour une valeur dépassant 50 milliards de dollars.
La raison pour laquelle le dossier attire l’attention aujourd’hui tient à la promesse même de Donald Trump. Le président a dit que la salle de bal ne serait pas financée par les impôts, mais par des dons privés, pour un projet dont le coût est estimé à environ 400 millions de dollars. Il a aussi décrit l’ouvrage comme « l’un des plus beaux bâtiments jamais construits dans le pays », tandis que Davis Ingle a défendu les rénovations en les présentant comme un moyen d’« améliorer la Maison du peuple pour les générations futures ».
Le rapport de Public Citizen donne du poids à cette lecture en citant 27 entreprises donatrices. Quatorze d’entre elles ont obtenu davantage de marchés publics au cours des six mois précédents, selon le document. Lockheed Martin a reçu 43,8 milliards de dollars de financement, Booz Allen Hamilton plus de 4,2 milliards et Palantir 1 milliard, tandis qu’Amazon, Microsoft, Google, Caterpillar et T-Mobile figurent aussi parmi les sociétés nommées.
Mais c’est là que le récit se complique pour la Maison-Blanche. Public Citizen affirme que 16 des 27 entreprises faisaient aussi l’objet d’enquêtes fédérales pour des allégations d’inconduite, et que certaines de ces affaires ont été abandonnées ou réduites par l’administration Trump. La Maison-Blanche rejette les accusations de corruption et de faux conflits d’intérêts, et insiste sur le fait que les rénovations servent l’intérêt du bâtiment pour les générations futures. Jon Golinger, de Public Citizen, a soutenu pour sa part que ces multinationales ne contribuent pas par pure générosité, mais parce qu’elles ont des intérêts importants auprès du gouvernement fédéral.
Ce que le rapport ne dit pas, en revanche, c’est combien chaque entreprise a versé exactement pour la salle de bal. Cette absence laisse la question la plus sensible ouverte, alors que le chantier continue à la Maison-Blanche: la taille des contrats publics et le traitement des enquêtes suffisent-ils déjà à dissiper les soupçons, ou au contraire à les renforcer ?

