Lecture: Albanie : le projet lié à Jared Kushner met Narta sous pression

Albanie : le projet lié à Jared Kushner met Narta sous pression

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Le 30 mai, des militants ont atteint le chantier du projet de la péninsule de Zvernec, sur la côte protégée de la lagune de Narta, et y ont trouvé des engins de construction, des clôtures neuves et des gardes privés. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux ont ensuite montré des manifestants expulsés de force de la zone, transformant en quelques heures un site de travaux en affaire nationale.

C’est pour cela que le dossier albanie remonte maintenant dans les recherches: la confrontation a déclenché des protestations de solidarité à Tirana, où des milliers de personnes ont repris le slogan « Albania is not for sale ». Le projet touristique, lié à , se situe à seulement 8 kilomètres de Vlora, sur une portion du littoral que les écologistes décrivent comme l’un des paysages côtiers protégés les plus importants du pays.

La portée du projet explique aussi l’ampleur de la réaction. L’entreprise qui le porte affirme qu’il pourrait dépasser 4 milliards d’euros et créer plus de 10 000 emplois. Mais le site se trouve au cœur de Pishe Poro–Narta, un corridor naturel qui abrite des centaines d’espèces, sert d’étape aux oiseaux migrateurs entre l’Europe et l’Afrique et accueille des flamants roses protégés.

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, qui travaille depuis plus de dix ans à protéger les zones humides, les forêts et les lagunes de Pishe Poro–Narta, voit dans les scènes du 30 mai un tournant dans une bataille plus longue sur l’avenir du secteur. Elle dit qu’il ne s’agit pas seulement d’une querelle autour d’une clôture, d’une route ou d’un chantier, mais d’une question de transparence et de méthode, alors que l’enjeu porte, selon elle, sur l’intégrité écologique de plus de 18 000 hectares de l’un des plus importants corridors naturels d’Albanie.

Le malaise tient aussi à la réponse politique. Lundi, a consacré plus d’une heure à la controverse, a qualifié le comportement des gardes privés de « disgusting », puis a refusé de prendre ses distances avec le projet. Il a défendu sa vision d’un tourisme de rang mondial en demandant: « What do I need power for if I have to abandon the vision I have shared with you all these years? » et en ajoutant: « We must enter the Champions League of global tourism. »

Les organisations environnementales réclament désormais la divulgation complète des documents liés au projet, tandis que le dossier attire aussi l’attention de l’Union européenne, alors qu’Albanie a récemment reçu des signaux positifs de Bruxelles sur les négociations d’adhésion. Pour l’instant, rien n’indique si le projet de Zvernec sera arrêté, modifié ou autorisé à avancer, et c’est ce flou qui maintient la pression sur le rivage.

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