Le Koweït a accusé mercredi Téhéran d’avoir frappé son aéroport dans une attaque de drones qui a fait un mort et 63 blessés, selon les autorités. La victime était un ressortissant indien, et parmi les blessés figuraient des employés de l’aéroport et des voyageurs. Le trafic aérien a dû être suspendu pendant quelques heures.
Le bilan donne une idée plus nette de ce que cette attaque a changé dans le Golfe en une seule journée: une infrastructure civile touchée, des passagers blessés et un pays obligé d’interrompre le trafic sur son principal point d’entrée aérien. Hassan Sheikh a raconté que « les explosions se succédaient et étaient très proches des zones résidentielles. Pour la première fois, les enfants ont ressenti la gravité de la situation », un témoignage qui dit à lui seul la proximité de la guerre avec la vie quotidienne.
Le Koweït a aussi affirmé avoir été visé mercredi au total par 13 missiles balistiques et 17 drones iraniens. Dans la nuit, le commandement américain pour la région a indiqué que l’Iran avait également tiré des missiles vers Bahreïn, tandis que des frappes américaines ont visé l’île iranienne de Qeshm. Sur le terrain diplomatique, l’escalade a franchi un seuil supplémentaire lorsque le Koweït a annoncé l’expulsion de deux membres de l’ambassade iranienne.
C’est là que les versions s’entrechoquent. Les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir ciblé une base aérienne au Koweït, alors que le Koweït dit qu’une frappe a visé son aéroport. Le Koweït a en outre démenti les accusations iraniennes selon lesquelles il aurait laissé Washington utiliser son territoire contre l’Iran. Cette divergence compte, parce qu’elle touche à la fois la cible, la responsabilité et la justification de l’attaque.
L’attaque s’inscrit dans une reprise des hostilités autour du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour les hydrocarbures, après un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran entré en vigueur le 8 avril. Le Koweït abrite des bases américaines et a déjà été régulièrement ciblé par Téhéran selon le texte, tandis que les nouvelles attaques ont fait remonter les cours du pétrole à près de 100 dollars. Benyamin Nétanyahou a estimé que l’Iran jouait « avec le feu », et Antonio Guterres a appelé à « éviter toute nouvelle escalade qui risque de saper les efforts diplomatiques en cours ».
La vraie question maintenant n’est pas de savoir si le Golfe restera tendu, mais si les dégâts à l’aéroport du Koweït sont limités à une interruption de quelques heures ou s’ils marquent un passage vers des frappes plus directement assumées contre des infrastructures civiles. L’Iran a promis une riposte « décisive » à toute agression; pour l’instant, la seule certitude est que la ligne entre menace et action s’est encore rapprochée.

