Emmanuel Macron place désormais la pompe à chaleur au cœur de la stratégie française d’électrification des usages. Le signal est politique autant que domestique: le chauffage résidentiel doit participer, lui aussi, à la réduction de la place du gaz et du fioul.
Le moment compte parce que l’intérêt des ménages existe déjà là où l’installation est possible. Un sondage Norstat réalisé pour Mitsubishi Electric les 26 et 27 mai 2026, pendant une vague de chaleur, montre que 79 % des Français qui pourraient réellement s’équiper d’une pompe à chaleur disent y être favorables. À l’inverse, seuls 13 % ne s’y intéressent pas du tout.
Raphaël Clave résume ce qu’il voit dans ces chiffres: une curiosité qui n’est pas théorique, mais une intention concrète chez les foyers capables de passer à l’acte. C’est aussi ce qui explique pourquoi la pompe à chaleur est devenue l’un des mots-clés les plus recherchés du moment dans le débat énergétique.
L’équipement n’est pas présenté comme un gadget vert. Une pompe à chaleur remplace une chaudière au gaz ou au fioul par un système électrique qui produit de la chaleur en hiver, et la version réversible peut aussi rafraîchir le logement en été. Mitsubishi Electric France avance qu’en mode chauffage, l’appareil peut diviser par deux la facture d’énergie par rapport à une chaudière au gaz ou au fioul.
Eric Pellerin défend cette bascule avec une formule directe: l’électrification des usages doit aussi concerner les équipements thermiques du quotidien. Il ajoute que, dans le chauffage résidentiel, la pompe à chaleur fait partie des solutions les plus pertinentes pour réduire la place du gaz et du fioul tout en améliorant l’efficacité énergétique.
Mais l’adhésion mesurée par l’enquête a ses limites. Le sondage ne retient pas les Français freinés par des contraintes techniques, locatives ou de copropriété, alors que ce sont précisément ces cas qui bloquent une large part du parc de logements. Le résultat est donc solide chez les ménages qui peuvent installer une pompe à chaleur, mais il dit peu de choses sur tous ceux qui restent à l’écart faute d’accord, de travaux ou de configuration adaptée.
Le précédent hiver, 78 % des Français étaient déjà présentés comme favorables à cette solution, ce qui montre une progression continue plus qu’un décollage soudain. La vraie question, désormais, n’est pas l’adhésion des ménages les mieux placés, mais la vitesse à laquelle la stratégie de Macron pourra transformer cet intérêt en installations réelles dans les logements qui peuvent suivre.

