Le Canada enverra le mois prochain deux navires de guerre, un avion de patrouille à longue portée et 800 militaires à Hawaï pour l’exercice RIMPAC, le plus grand exercice naval multinational au monde.
Le déploiement met le cap sur un rendez-vous qui réunira plus de 25 000 militaires venus de 31 pays et qui servira de test grandeur nature pour plusieurs systèmes modernisés de la flotte canadienne. Pour la Marine royale canadienne, ce sera aussi l’occasion de montrer ce que ses navires peuvent faire après des années de mises à niveau, alors que d’autres branches des Forces canadiennes n’utiliseront pas le même terrain d’essai. L’Aviation royale canadienne, elle, ne testera aucune nouvelle capacité pendant l’exercice, selon la major Anne Côté.
Au cœur de cette participation, le NCSM Regina doit effectuer un tir réel du missile Evolved Sea Sparrow Block II. Linda Coleman a expliqué que « contrairement à la version antérieure, qui dépendait fortement du radar du navire pour son guidage, le nouveau système peut se guider lui-même vers sa cible à l’aide de son propre radar embarqué, ce qui améliore la précision et le temps de réponse face aux menaces aériennes ». Elle a aussi décrit le RIMPAC comme « un environnement d’entraînement précieux pour ces systèmes ».
Ce missile est arrivé au Canada en 2023, mais il n’était pas encore pleinement opérationnel à bord des frégates de classe Halifax avant décembre dernier, selon le ministère de la Défense nationale. Sa mise en service au RIMPAC dira donc beaucoup plus qu’un simple calendrier de déploiement: elle montrera si une capacité annoncée depuis longtemps tient enfin en mer, sous pression et en présence de partenaires alliés.
Le HMCS Ottawa mettra pour sa part en avant un système de détection des sous-marins amélioré. Linda Coleman a indiqué que les marins canadiens prendront part à des exercices coordonnés de lutte anti-sous-marine aux côtés de navires et d’aéronefs alliés pour localiser et suivre des sous-marins, un entraînement qui permet de voir le navire détecter des sous-marins à des distances plus grandes et avec une efficacité accrue. La Marine enverra aussi le navire de ravitaillement Asterix et une équipe de plongeurs de déminage, alors que la mise à niveau de l’ensemble de la flotte dans la guerre sous-marine doit être achevée d’ici 2034.
Ce qui se jouera à Hawaï le mois prochain, ce n’est pas seulement la présence canadienne dans un vaste exercice multinational. C’est la question de savoir si les nouveaux systèmes de combat et de détection sont assez mûrs pour passer du discours à l’usage réel, au moment même où la Marine cherche à prouver que ses modernisations tiennent la route.
