La Manche a été frappée jeudi 28 mai par de violents orages en pleine canicule, avec plus de 600 éclairs dans le ciel normand et des grêlons allant jusqu’à cinq centimètres de diamètre. À Granville, ces boules de glace ont martelé les champs et les jardins, laissant derrière elles des dégâts visibles à plusieurs endroits du département.
À Cérences, une serre a été ravagée sur 1 000 mètres carrés. Fanny Davoine a décrit une scène éclair: « En cinq minutes, tout le toit a été descendu sur les serres. Il n'y a plus un carreau de valable sur celle-ci, l'autre, peut-être 80% qui sont descendus ». Le choc a aussi touché Saint-Michel-des-Loups, où la grêle a percé la gouttière d’un hangar et la toiture en tôle.
Dans le bâtiment, Céline Masson a vu l’eau passer partout. « On voit qu'en fait tout tombe dans l'atelier. Dans ce bâtiment, il y a de l'eau qui tombait partout. Puis je regarde, et il y a des trous partout », a-t-elle raconté. Ces scènes résument le passage brutal d’un orage de printemps sur des cultures et des installations déjà fragilisées par la chaleur.
Le phénomène s’inscrit dans une mécanique bien connue des climatologues: des orages plus puissants peuvent faire grossir les grêlons avant leur chute, parce qu’ils circulent plus longtemps dans une atmosphère chaude et humide. Clothilde Augros a toutefois rappelé que cela ne signifie pas qu’il y aura plus souvent de la grêle. « Ça ne veut pas dire qu'on aura plus souvent de la grêle. Par contre, quand on en aura, elle sera peut-être plus grosse et donc aura des impacts plus importants », a-t-elle expliqué.
La Manche a ainsi encaissé en quelques minutes ce que des exploitations mettent des mois à produire, alors que les orages restent surveillés ailleurs en France. Selon Météo-France, de nouveaux orages risquent de toucher vendredi le Nord, la région PACA et la Corse. Le point de bascule est là: dans un épisode de chaleur extrême, la taille des grêlons compte autant que leur fréquence, et c’est ce qui rend ces orages si destructeurs.
