Jaroslav Halak a rallumé la flamme au Centre Bell mercredi soir, mais les Canadiens ont ensuite été blanchis 4-0 par les Hurricanes. L’ancien gardien, parti de Boston exprès pour transporter la flamme, a retrouvé en quelques secondes les sensations de 2010.
« C’était sensationnel », a dit Halak après la cérémonie. « Pendant un instant, je me suis revu sur la patinoire. » Puis il a ajouté avoir ressenti « les mêmes émotions que je vivais lorsque je me tenais devant le filet avant les matchs disputés devant nos partisans ». À Montréal, ces mots ont eu un poids particulier: pour bien des amateurs, Halak reste lié à ce printemps de 2010 qui a fait de lui un héros de série, une image qui colle à son nom depuis 16 ans.
Sur la glace, le contraste a été brutal. Jakub Dobes a multiplié les arrêts importants pour garder le Canadien à distance le plus longtemps possible, mais la Caroline a fini par prendre le dessus avec trois buts inscrits en 167 secondes en fin de première période. Lane Hutson n’a pas cherché à maquiller la soirée: « Dobie est le seul joueur qui s’est présenté ce soir », a-t-il lancé après le match.
Le match a aussi été marqué, dès l’amorce, par un faux pas inhabituel. Alexandre Sylvestre et Diane Bibeau ont perdu le ton et le rythme pendant l’hymne national américain, un moment qui a ajouté à l’atmosphère déjà lourde dans l’amphithéâtre.
Le reste de la soirée a suivi une pente familière dans une saison qui s’épuise. La fin de la nuit a été traversée par l’impatience, le sarcasme et les huées, alors que les Hurricanes imposaient leur jeu de pression et que Montréal regardait se rapprocher ses vacances. Dans ce décor, la présence de Halak avait quelque chose d’émouvant et de cruel à la fois: le souvenir d’un ancien printemps glorieux, posé sur une équipe qui n’a pas trouvé comment en provoquer un autre.
Ce mercredi n’a pas seulement rappelé ce que Halak fut. Il a surtout montré à quel point le Canadien manque aujourd’hui de marge, même quand un vétéran revenu pour une cérémonie suffit à faire remonter toute une époque dans le bâtiment. Et pendant que la foule quittait le Centre Bell avec 4-0 au tableau, le nom de Halak, lui, continuait de résonner plus fort que le résultat.

