Gavin Newsom a signé et publié jeudi 22 mai un décret qui demande aux agences de Californie de préparer des réformes de grande ampleur sur les effets de l’intelligence artificielle sur le travail et l’emploi. Le texte vise des pistes aussi différentes que les indemnités de licenciement, l’assurance chômage, le capital universel de base, l’actionnariat salarié et la formation professionnelle.
Le gouverneur ne prévoit pas, à ce stade, de mesures contraignantes. Les agences de l’État ont six mois pour rendre leurs recommandations, dans un dossier qui place la Californie au centre d’un débat déjà nourri dans toute l’économie américaine.
Le moment choisi n’a rien d’anodin. Au premier trimestre, le secteur technologique américain a supprimé plus de 52.000 postes, selon Challenger, Gray & Christmas, soit une hausse de 40% sur un an. Mercredi, Meta a commencé à licencier 8.000 salariés, environ 10% de ses effectifs, un signal de plus sur la pression qui pèse déjà sur l’emploi dans la tech.
La Californie concentre la Silicon Valley et le plus grand nombre d’entreprises de la tech américaine. En lançant ce chantier, Newsom met l’État en position d’arbitre sur une question qui dépasse largement ses frontières, alors que le débat s’étend aussi à la Chine, au Royaume-Uni, au Japon et à la Corée du Sud.
Le décret intervient aussi après des mises en garde venues du secteur lui-même. Dario Amodei a récemment prédit que près de la moitié des emplois de cols blancs pourraient disparaître dans les cinq prochaines années, tandis que Sam Altman et Elon Musk ont estimé qu’un revenu universel pourrait s’avérer nécessaire. La ligne de fracture est désormais claire: la Californie ne promet pas une réponse immédiate, mais elle ouvre une procédure officielle avant que le choc de l’IA sur l’emploi ne s’impose plus vite que les protections censées l’accompagner.

