À la fin d’avril, le prix moyen d’un aller-retour domestique au départ de Montréal était d’environ 475 $, tandis qu’un billet international aller-retour atteignait 1 252 $, selon des données de Kayak. En parallèle, les tarifs moyens ont augmenté de 12 % sur le marché intérieur par rapport à la même période l’an dernier et de plus de 10 % pour l’international. Depuis le début du conflit en Iran, le prix moyen d’un aller-retour a bondi de 21 %.
Pour les voyageurs, la facture ne se limite plus au tarif affiché. Certaines compagnies ont appliqué des surtaxes carburant pouvant aller jusqu’à 60 $ par billet, selon la destination. Air Canada a aussi relevé ses frais de bagage enregistré, faisant passer de 35 $ à 45 $ le premier bagage en classe économique sur les vols intérieurs, vers les États-Unis et vers des destinations vacances. WestJet a suivi avec une hausse similaire des frais de bagages.
Ce mouvement s’inscrit dans une conjonction de hausses du pétrole brut, de carburant d’aviation plus cher, de surtaxes imposées par les transporteurs et d’une demande de voyage qui demeure forte. La source indique que le blocus du détroit d’Ormuz pendant la guerre a fait grimper le prix du brut. Ce passage maritime voit transiter un cinquième de la production mondiale de pétrole, ce qui explique pourquoi chaque choc sur cette route se répercute vite sur le secteur aérien.
John Gradek a résumé la situation d’une formule lapidaire: « Le marché est inélastique ». Il a ajouté qu’« il y a toujours peu de changement dans la demande due à la hausse des prix » et que c’est « un phénomène que l’on voit occasionnellement dans le marché ». Autrement dit, même lorsque les billets montent, une partie des voyageurs continue de réserver, ce qui donne aux compagnies une marge pour tester les limites du marché.
Robert Kokonis a, lui, pointé la mécanique des frais annexes. « Ces frais ainsi que ceux pour le choix du siège sont des éléments plus opaques ou exclus du calcul du prix du billet », a-t-il dit, ajoutant qu’« en tant que compagnie aérienne, vous pouvez ajuster ces frais en espérant que les passagers ne fassent pas le lien ». C’est là que se joue une grande partie de la hausse actuelle: le prix annoncé reste visible, mais le coût réel grimpe par étapes.
Ce qui frappe, c’est que les billets n’ont pas augmenté aussi vite que les prix généraux au cours des deux dernières années, même si les variations mensuelles peuvent être brutales. Pour les passagers au départ de Montréal, les prochains départs diront surtout si cette vague est un pic lié au pétrole ou le nouveau plancher d’un voyage devenu plus cher à chaque étape.
