Donald Trump a publié samedi sur Truth Social une image du drapeau des États-Unis recouvrant la carte de l’Iran, accompagnée de la question: « United States of the Middle East? » Le message est intervenu au moment où Washington et Téhéran négocient un cessez-le-feu plus durable dans la guerre US-israélienne contre l’Iran.
Dans la même journée, Trump a déclaré à CBS News que les deux camps étaient « getting a lot closer », tandis que Marco Rubio a indiqué, toujours selon CBS News, qu’une mise à jour pourrait arriver bientôt. De son côté, Esmaeil Baghaei a dit que les deux parties travaillaient « currently working to finalise » un mémorandum d’entente et que « the opinions have been converging ».
Le message présidentiel a aussitôt pris une portée politique plus large. Vali Nasr a estimé qu’il pouvait avoir des conséquences sur les pourparlers en cours, affirmant: « First he declared he wanted to eradicate Iran’s civilisation now he is declaring that he wants to turn Iran into an American property. » Il a ajouté: « It is this kind of grotesque behaviour that undermines diplomacy and unites Iranians in defence of their country. » Pour lui, « In the middle of delicate diplomacy he casts doubts on America’s true intentions. »
Cette séquence survient après une nouvelle montée de tension au printemps. Début avril, Trump avait menacé qu’« an entire civilisation will die » si l’Iran n’acceptait pas alors un accord. Quelques heures plus tard, les deux camps avaient accepté une pause dans les combats, un cessez-le-feu qui tient depuis, hormis quelques reprises limitées des violences. Les États-Unis ont continué de bloquer les ports iraniens, tandis que Téhéran a de fait fermé le détroit d’Ormuz.
Le contexte reste lourd et les points de blocage demeurent ouverts. Les États-Unis disent ne pas chercher une occupation prolongée de l’Iran, et affirment ne pas viser un changement de régime direct, même s’ils disent qu’un tel résultat pourrait émerger comme effet secondaire de la campagne militaire. Mais aucun communiqué officiel n’a encore réglé le sort du programme nucléaire iranien, de son stock d’uranium hautement enrichi ni de l’influence future de Téhéran sur le détroit d’Ormuz.
La publication de samedi rappelle aussi combien le dossier reste chargé d’un passé américain encore vif dans la région. L’invasion de l’Irak par les États-Unis, menée de 2003 à 2011, continue de peser sur la perception de toute nouvelle intervention. Et pendant que les négociateurs cherchent à stabiliser la trêve, le message de Trump donne à voir une ligne dure qui peut encore brouiller le langage diplomatique au moment même où chacun dit vouloir avancer.

