Depuis quelques jours, une vidéo montrant un serpent traversant une rue près d’une école à Saint-François circule sur les réseaux sociaux. L’image a ravivé l’inquiétude autour du python royal en Guadeloupe, alors que l’espèce n’y vit pas à l’état naturel.
Le python royal est considéré comme non venimeux, mais sa présence en liberté poserait un problème bien plus large que celui d’une simple rencontre avec un serpent. En milieu naturel, un animal de ce type peut devenir une espèce exotique envahissante, s’attaquer à des espèces protégées, entrer dans les nids, prendre des œufs et des jeunes, puis attaquer les parents. Des risques sanitaires sont aussi évoqués, ces espèces étant dites susceptibles de transporter des maladies.
La Guadeloupe compte quatre espèces de serpents naturellement présentes. Elles sont décrites comme inoffensives et protégées, car elles participent à l’équilibre écologique local. Le python royal et le Boa constrictor sont, eux, les deux seules espèces autorisées à la détention sous certaines conditions. Pour qu’un animal soit détenu légalement, il doit être identifié, tracé et disposer d’un certificat d’origine légale. Il peut alors être gardé dans un lieu clos.
Dans ce dossier, Loïc Jason a rappelé le cadre en une formule sans ambiguïté: « L’animal doit être identifié, tracé et disposer d’un certificat d’origine légale ». Il a ajouté: « Il peut alors être détenu dans un lieu clos. Mais si l’animal se retrouve dans le milieu naturel, il devient une espèce exotique envahissante. » La précision vise un territoire où le trafic d’animaux reste une préoccupation majeure pour la police de l’environnement, qui dit intercepter régulièrement des mygales, primates, perroquets et caïmans.
Le signalement vidéo intervient alors que, depuis ces dernières années, le nombre d’interventions des pompiers sur le sujet s’est multiplié. Pour l’instant, aucun événement impliquant une espèce dangereuse de serpent n’a été rapporté. Mais la séquence de Saint-François rappelle qu’en Guadeloupe, la question n’est pas seulement de savoir si un serpent a été vu: c’est de savoir d’où il vient, qui le détient et ce qui se passerait s’il disparaissait dans le milieu naturel.
