Pierre Sautarel a demandé lundi soir, dans une vidéo publiée sur YouTube, que les lecteurs fassent preuve de générosité pour Fdesouche, alors que le fondateur du site dit vouloir le maintenir en ligne malgré un contexte économique difficile. Une cagnotte intitulée « Soutenons Fdesouche face aux islamo-gauchistes » a été mise à disposition des donateurs et ne devait pas durer plus de quelques jours.
Le message est direct parce que l’équation financière l’est tout autant. Sautarel dit que Fdesouche est « connu, lu, surveillé, repris, commenté… et reste fragile », et affirme que le site peut mettre un sujet dans le débat public tout en ayant parfois du mal à payer les factures qui permettent simplement de rester en ligne. Serveurs, outils techniques, maintenance, sécurité et frais juridiques, rappelle-t-il, représentent des coûts permanents.
Le site n’en est pas à son premier appel au public. Une demande de dons avait déjà été lancée en 2024, preuve que la question du financement revient régulièrement pour cette plateforme qui s’est imposée comme un site majeur d’actualité. Selon le contexte fourni, Fdesouche a aussi été créé à partir d’un écart entre ce qui était dit aux Français et ce qu’ils voyaient, une ligne éditoriale que son fondateur présente comme un travail de mise à disposition de faits sourcés, datés et archivés, sans commentaire.
Cette nouvelle sollicitation intervient alors que Sautarel a aussi cherché à montrer, en décembre 2024, que le site compte dans le débat public: le 18 décembre, il indiquait que Fdesouche se plaçait en 23e position dans le classement de Marianne des personnalités qui façonnent l’opinion. Le contraste est net entre cette visibilité, qui l’a fait entrer dans le Top 25, et la fragilité financière revendiquée par son fondateur.
Il y a pourtant une tension dans le discours de Sautarel. D’un côté, il insiste sur l’indépendance du site, sans parrain ni parti politique; de l’autre, il sollicite à nouveau ses lecteurs pour couvrir des dépenses aussi concrètes que les serveurs, la sécurité ou les frais juridiques. C’est précisément ce paradoxe qui explique l’appel: Fdesouche dit peser dans le débat public, mais son avenir immédiat dépend encore d’une collecte lancée pour quelques jours seulement. Si les dons suivent, le site pourra continuer à tenir sa place en ligne; sinon, la fragilité qu’il revendique restera le fait central de son modèle.

