Bianca Andreescu a lancé mardi son tournoi de qualification à Roland-Garros par une victoire nette sur Daphnée Mpetshi Perricard, 6/3, 6/2. Karolina Pliskova, ancienne numéro 1 mondiale, a elle aussi franchi le premier tour en remontant un mauvais départ face à Yeonwoo Ku, 0/6, 6/3, 6/1.
Le tableau de qualification féminin a pris des allures inhabituelles dès l’ouverture du programme, avec une lauréate de Grand Chelem et une ancienne patronne du circuit contrainte de passer par la voie la plus longue pour entrer dans le grand tableau. Pour Andreescu, 25 ans et 160e mondiale, ce succès arrive après une montée en puissance patiente en 2026: elle avait remporté ses deux premiers titres depuis l’US Open 2019 sur le circuit ITF, sous la houlette de Dusan Vemic.
Face à Mpetshi Perricard, Andreescu a affiché une agressivité qui colle à son style, mais aussi ses limites du moment. Elle a frappé 44 coups gagnants, un chiffre qui résume autant son ambition que sa tendance à forcer parfois l’échange. Après la rencontre, la Canadienne a expliqué qu’elle avait déjà envisagé un retour sur le circuit ITF par le passé, sans l’oser, peut-être parce que son ego n’était pas prêt à cela. Cette fois, a-t-elle dit en substance, elle a mis cela de côté, un choix qu’elle juge bon parce qu’il lui a permis d’enchaîner beaucoup de matches à un niveau toujours relevé. Elle a aussi reconnu que la part de naïveté et d’innocence qui l’habitait avait disparu, et que sur le plan tennistique, elle était encore moins patiente qu’en 2019 dans la construction des points.
C’est aussi ce qui donne du relief à sa présence ici. Andreescu a été freinée par les blessures ces dernières saisons, et son retour à un rythme régulier passe par des tours de qualification qui n’étaient pas censés, à ce stade de sa carrière, occuper ses journées à Paris. Elle devait affronter Viktoria Hruncakova au tour suivant.
Pliskova, elle, arrive dans un autre contexte mais avec la même nécessité de repartir de zéro. Absente pendant un an entre septembre 2024 et septembre 2025 après une opération de la cheville, la Tchèque a choisi de ne pas utiliser son classement protégé à Roland-Garros et de s’engager en qualifications pour la première fois depuis 2012. Avant Paris, elle avait retrouvé du rythme en atteignant les quarts de finale à Madrid puis les huitièmes de finale à Rome. Mardi, elle a dû renverser Ku après avoir concédé le premier set blanc, avant de s’imposer au bout d’un match de reprise et d’usure. Elle a dit qu’elle aurait évidemment préféré figurer directement dans le tableau principal.
Le début de qualification a aussi réservé une autre surprise avec la défaite de Grigor Dimitrov, battu par Jaime Faria 3/6, 7/5, 7/6. Pour Roland-Garros, la journée a surtout ressemblé à une ouverture de programme où les noms parlent d’eux-mêmes: une championne de Grand Chelem, une ancienne numéro 1 mondiale et un vainqueur du circuit ATP disputant, chacun à sa manière, une entrée en matière qui ne dit pas seulement qui avance, mais aussi combien la route vers le tableau principal peut encore peser sur des carrières déjà connues du grand public.

