Après un début de mai pluvieux, la France bascule en quelques jours d’un temps frais et perturbé vers une chaleur presque estivale. Paris pourrait atteindre 30°C vendredi, tandis que le Sud-Ouest devrait voir des pointes jusqu’à 35°C, dans un épisode de dôme de chaleur qui fera de la fin de semaine la période la plus chaude et la plus lumineuse à l’échelle nationale.
Le changement est déjà engagé. Selon La Chaîne Météo, il s’explique par une circulation atmosphérique particulièrement dynamique: les basses pressions qui maintenaient le temps agité vont peu à peu se décaler vers l’Europe du Nord, pendant que l’anticyclone des Açores regonfle vers la France et l’Europe occidentale. Ce basculement ouvre la voie à un flux de sud à sud-ouest qui favorise la remontée d’air chaud en provenance de la péninsule ibérique.
Dès ce mercredi, les conditions s’améliorent nettement avec un temps plus stable, sec et globalement ensoleillé sur une grande partie du pays. Jeudi, l’ensoleillement généralisé et la hausse des températures seront encore plus ressentis, avant un pic attendu vendredi. Ce jour-là, l’écart aux normales pourrait atteindre par endroits +8 à +12°C, avec des pointes localisées jusqu’à +15°C. Les températures, parfois 5 à 8°C sous les normales ce week-end, sont repassées dans les normales dès ce mardi et basculeront durablement au-dessus des normales à partir de mercredi.
Les valeurs les plus élevées attendues vendredi devraient concerner un large axe allant de la Bretagne à l’Alsace, en passant par l’Île-de-France, avec 27 à 29°C. Dans le sud-ouest, les températures seront supérieures à 30°C. De la Gironde jusqu’au Pays basque, les 33 à 35°C pourraient être approchés, voire localement atteints. Dans le sud du Périgord, le Lot-et-Garonne, le Gers et le Tarn-et-Garonne, le seuil de forte chaleur de 30°C sera franchi.
Un léger recul des températures est envisagé dès samedi dans le sud-ouest, mais la chaleur restera présente à l’échelle nationale durant le week-end. Le seuil de chaleur, fixé à 25°C, devrait encore être dépassé dans de nombreuses régions. Ce type de bascule rapide existe depuis toujours, a rappelé le météorologue Régis Crépet, « mais les masses d’air chaudes atteignent aujourd’hui des niveaux plus élevés dans un climat réchauffé ».
Le printemps reste une saison de contrastes, mais la séquence qui s’ouvre tranche par sa vitesse. En l’espace de quelques jours, le pays passe d’un environnement frais et humide à une chaleur installée sur plusieurs régions, avec un pic vendredi et une accalmie seulement partielle ensuite dans le Sud-Ouest.

