Pep Guardiola a décidé qu’il était temps de quitter Manchester City, et Enzo Maresca est désormais attendu pour lui succéder sur le banc. La révélation a été éventée par la presse britannique avant même que l’Espagnol n’annonce quoi que ce soit publiquement, ce qui l’a rendu furieux, lui qui voulait garder la maîtrise du calendrier et de la communication de son départ.
Manchester City doit affronter Bournemouth en Premier League ce soir-là, au moment même où le club se retrouve plongé dans une transition qui s’annonce lourde de sens. Maresca, 46 ans, est pressenti pour prendre les commandes en 2026-27 dans le cadre d’un contrat de trois ans, après avoir été libre depuis son départ de Chelsea il y a quatre mois.
Le nom de l’Italien n’arrive pas par hasard. Maresca connaît déjà la maison City, où il a travaillé comme coach des U23 puis comme adjoint de Guardiola, avant de poursuivre sa carrière à Parme et à Leicester. Cette proximité explique pourquoi son retour est vu comme une continuité plus que comme une rupture, dans un club habitué à des exigences élevées et à des standards imposés depuis des années par Guardiola.
Le portrait dressé par The Athletic va dans le même sens. Le média décrit Maresca comme un homme passé par “l’école Guardiola”, allant jusqu’à noter une ressemblance physique entre les deux techniciens, tout en rappelant qu’“il n’y a qu’un seul Guardiola”. City l’aurait choisi en partie pour ses similitudes stylistiques, mais l’Italien reste un entraîneur et une personnalité distincts, appelés à imprimer leur marque dans la continuité d’un modèle déjà installé.
Le même texte estime qu’il n’y aura pas de choc culturel majeur ni de mauvaise surprise sur l’ampleur de l’ambition ou du défi à Manchester City. Maresca connaît déjà très bien cet environnement d’élite, ainsi que les particularités de la City moderne bâtie par Guardiola. L’évaluation est flatteuse, mais elle vient avec une nuance importante: il n’a pas le côté décalé de Guardiola, ni son sarcasme passif-agressif, et certains lui ont aussi forgé une réputation d’entraîneur jugé particulièrement instable et sensible.
Ce contraste explique en partie l’attention autour de sa candidature. Après une période courte à Leicester puis à Chelsea, The Athletic rappelle que, malgré la qualification pour la Ligue des champions et deux trophées, Maresca n’a jamais vraiment touché les supporters des Blues. À Manchester City, il devra faire autre chose que reproduire une méthode: il devra faire accepter une nouvelle personnalité à un club qui a été façonné par une figure presque intouchable.
La fuite autour du départ de Guardiola ajoute une couche de tension à cette succession déjà délicate. City veut tourner la page sans donner l’impression de l’ouvrir à contretemps, et Guardiola voulait précisément éviter cela. Mais la transition est désormais exposée au grand jour, et le club anglais doit préparer la suite avec un entraîneur qui connaît déjà les lieux, les attentes et le poids d’un héritage dont il n’est pas l’auteur, mais qu’il devra porter.
Ce qui compte maintenant, c’est moins le nom du successeur que la capacité de Manchester City à gérer un changement de cycle sans perdre l’élan construit pendant les années Guardiola. Si Maresca arrive bien comme prévu, il n’entrera pas dans un club en reconstruction, mais dans une machine qui ne tolère que l’excellence. C’est là que commencera le vrai test.

