Lecture: Mayotte face à l’urgence Ebola en Ituri, la WHO s’inquiète de la vitesse

Mayotte face à l’urgence Ebola en Ituri, la WHO s’inquiète de la vitesse

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L’Organisation mondiale de la santé a déclaré dimanche une urgence de santé publique de portée internationale face à l’épidémie d’ qui frappe le nord de la République démocratique du Congo, après que le ministre congolais de la Santé, , a évoqué dans la nuit de lundi à mardi 131 morts et 513 cas suspects. a dit mardi être « profondément préoccupé par l’ampleur et la vitesse » de la flambée, alors que le comité d’urgence devait se réunir le même jour.

Cette alerte vise la souche Bundibugyo d’Ebola, repérée dans la province de l’Ituri, une région aurifère du nord-est congolais frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud. L’Ituri connaît de forts mouvements de population liés à l’activité minière et aux violences de plusieurs groupes armés, un contexte qui fait redouter à l’OMS une propagation au-delà des frontières de la RDC, y compris vers des zones plus éloignées comme Mayotte dans les échanges régionaux et les esprits inquiets, même si rien dans les faits fournis ne permet d’établir un cas hors du pays.

La décision de dimanche a aussi marqué une première: selon l’OMS, c’est la première fois qu’un directeur général déclenche une urgence de santé publique de portée internationale avant même la réunion du comité d’urgence. L’agence a pris cette mesure alors que peu d’échantillons avaient été testés en laboratoire et que les chiffres congolais reposaient surtout sur des cas suspects, un détail qui rend le bilan fragile mais potentiellement sous-estimé.

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Le Bundibugyo est une variante d’Ebola distincte de la souche Zaire, contre laquelle des vaccins et traitements sont jugés efficaces. Pour Bundibugyo, en revanche, il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique, selon les éléments fournis. Cette souche n’a causé que deux flambées connues dans le monde jusqu’ici: en Ouganda en 2007, avec 42 morts parmi 131 cas confirmés, puis en République démocratique du Congo en 2012, avec 13 morts parmi 38 cas confirmés.

Le danger tient aussi à la mécanique du virus. Ebola se transmet par les fluides corporels ou le sang, chez les personnes vivantes comme chez les morts. Les malades ne sont contagieux qu’après l’apparition des symptômes et l’incubation peut durer jusqu’à 21 jours, ce qui laisse le temps au virus de se déplacer avant d’être détecté. C’est l’une des raisons pour lesquelles les autorités sanitaires suivent de près cette flambée depuis son apparition dans une zone où les déplacements sont fréquents et la surveillance difficile.

Ebola a été découvert en 1976 et les flambées sont fréquentes en Afrique, mais le seuil d’inquiétude change quand la vitesse de transmission semble dépasser la capacité à confirmer les cas. À ce stade, les autorités congolaises parlent d’un bilan probable, pas définitif. La question décisive est donc moins de savoir si l’alerte est sérieuse que de voir si la réponse sanitaire pourra suivre avant que l’épidémie ne gagne d’autres territoires.

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