Le tribunal judiciaire de Paris doit rendre sa décision mardi 19 mai 2026 à 13 h 30 dans le dossier d’Ismaël Boudjekada, jugé pour des faits commis entre novembre 2023 et novembre 2024. L’ancien élu, poursuivi pour la publication sur son compte X d’informations personnelles ayant exposé trois personnes à un risque, répond aussi de six chefs d’apologie en ligne d’un acte terroriste.
Le parquet a requis 18 mois de prison, dont six mois avec sursis, avec la possibilité d’exécuter la peine sous surveillance électronique. Il a aussi demandé trois ans d’inéligibilité avec effet immédiat et une interdiction de trois ans d’entrer en contact avec les victimes. Plusieurs parties civiles se sont jointes à l’affaire, parmi lesquelles OJF, OJE, la LICRA, B’nai B’rith France, Avocats sans frontières et AFEPAS.
Au cœur du dossier, les magistrats ont examiné une série de messages et de déclarations qui ont nourri la procédure. En octobre 2024, Boudjekada a écrit sur X à propos de Yahya Sinouar: « Un héros est mort » et « ce martyr est l’un des plus chanceux d’entre nous ». En août 2024, dans une vidéo sur les attaques du 7 octobre 2023 en Israël, il a aussi lancé: « c’était un petit peu mérité » et « tout le monde sera bien content quand le Hamas aura terminé le travail ».
Ces prises de position s’inscrivent dans un dossier plus large. Deux jours après le 7 octobre 2023, il avait déjà qualifié le Hamas de « mouvement de résistance ». En juin 2024, le tribunal de Nanterre l’avait condamné à 20 000 euros d’amende et à une interdiction de se présenter à une élection pendant trois ans pour apologie du terrorisme. Comme il n’était pas en France, il avait été inscrit au fichier des personnes recherchées et visé par deux mandats d’arrêt dans deux enquêtes du parquet de Paris.
Il a été arrêté en mai 2025 à l’aéroport de Mulhouse, après être arrivé d’un vol en provenance d’Arabie saoudite. Incarcéré dans un premier temps, il comparaît ensuite libre sous contrôle judiciaire. Cette mesure l’oblige à rester en France, à se présenter chaque semaine à la gendarmerie et à ne rien publier sur X. Avec plus de 400 000 personnes qui le suivent sur TikTok, Boudjekada a assuré sa propre défense à l’audience, après avoir dit que son avocat l’avait « lâché » quelques jours avant le procès.
Le dossier met aussi en lumière une trajectoire politique fragilisée. Boudjekada n’a pas été réélu au conseil municipal de Grand-Charmont, près de Montbéliard, et il assume publiquement ses positions pro-palestiniennes. Le jugement attendu mardi dira si la justice retient la demande du parquet et referme, au moins pour ce volet, une séquence judiciaire ouverte bien avant cette audience.
