Lecture: Journal De Québec : Shoshanna Drouin sanctionnée encore pour avoir bravé sa suspension

Journal De Québec : Shoshanna Drouin sanctionnée encore pour avoir bravé sa suspension

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La courtière immobilière montréalaise voit sa sanction prolongée de trois mois après avoir admis sa culpabilité devant le comité de discipline de l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec. Déjà suspendue d’octobre 2024 à octobre 2025, elle écope maintenant d’un permis retiré pour trois mois de plus.

Cette nouvelle peine tombe alors qu’elle revenait à peine d’un premier dossier lourd. À l’automne 2024, Drouin avait déjà été sévèrement sanctionnée: 15 000 $ d’amende et 12 mois de suspension, à la suite d’un plaidoyer de culpabilité sur 13 chefs. Le comité lui reprochait alors d’avoir pris part, entre 2019 et 2021, à un stratagème de gonflement de prix dans des transactions à L’Île-Perrot, Salaberry-de-Valleyfield et Châteauguay, où des contre-lettres servaient à cacher le vrai prix de vente.

Le dossier qui a mené à la prolongation commence pendant l’hiver 2025, quand Drouin s’est de nouveau mêlée à une transaction immobilière de plus de 1,2 million de dollars qui avait échoué quelques années plus tôt. Elle a communiqué avec les vendeurs et l’acheteur potentiel de l’époque pour voir si l’affaire pouvait enfin aboutir. Elle a visité l’immeuble avec des tiers et a demandé aux vendeurs des renseignements afin de pouvoir répondre aux questions de futurs acheteurs. Dans un courriel, elle a aussi réclamé 75 000 $ en frais de cession, expliquant qu’il s’agissait de sa rémunération pour le travail accompli au fil des années.

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Devant l’enquête, Drouin a dit qu’elle n’aurait pas présenté cette somme comme une commission ni comme des frais de consultation, parce qu’elle savait que l’ s’y serait opposé. Elle a ajouté qu’elle aurait plutôt consulté un avocat et qu’elle ne se serait pas impliquée dans les promesses d’achat. Mais pour le comité, la ligne rouge avait déjà été franchie: la réglementation prévoit qu’un courtier suspendu ne peut exercer aucune activité de courtage immobilier, ce qui inclut la sollicitation et la représentation de clients.

Le comité de discipline a conclu que ses gestes traduisaient un mépris pour une ordonnance de suspension destinée à protéger le public contre des manquements répétés jugés préoccupants. Le fait que ses démarches n’aient mené à aucune transaction ne change rien à ce constat. Cette fois, le message est clair: malgré une sanction antérieure déjà sévère, Drouin a recommencé à agir comme si sa suspension n’existait pas, et le tribunal disciplinaire a choisi de la tenir éloignée du marché plus longtemps encore.

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