Les États-Unis vont continuer à suspendre les sanctions visant le pétrole russe bloqué en mer, a annoncé lundi Scott Bessent sur X. Le secrétaire au Trésor a dit que cette mesure devait « contribuer à stabiliser le marché physique du pétrole brut et à garantir que le pétrole parvienne aux pays les plus vulnérables sur le plan énergétique », ajoutant qu’elle aiderait aussi à réacheminer les approvisionnements existants vers les pays les plus dans le besoin.
Ce choix intervient alors que la guerre en Ukraine entre dans sa cinquième année et que Washington cherche à maintenir la pression sur Moscou sans provoquer de choc brutal sur le marché pétrolier. Dans la même journée, Angela Merkel a appelé l’Union européenne à redoubler d’efforts diplomatiques dans le conflit avec la Russie pour parvenir à la paix. L’ancienne chancelière a dit « regretter » que l’Europe « n’utilise pas suffisamment son potentiel diplomatique », tout en jugeant le soutien militaire à l’Ukraine « absolument justifié ». Pour elle, « la dissuasion militaire + les activités diplomatiques, c’est ce que je trouve important ».
Cette ligne s’inscrit dans un moment de forte tension sur plusieurs fronts. Au cours du week-end, l’Ukraine a mené une frappe massive et sans précédent sur le territoire russe, qui a fait quatre morts. À Paris, le ministre ukrainien des Finances, Sergii Marchenko, a lui aussi demandé lundi à ses homologues du G7 de renforcer les sanctions contre la Russie. « Mon message à mes collègues ministres est que nous devons rester aux côtés de l’Ukraine », a-t-il dit, en réclamant un soutien « financier et militaire » et en appelant à « continuer à faire pression sur la Russie, à imposer des sanctions supplémentaires contre la Russie ».
Marchenko a ajouté que Kiev tentait d’affaiblir l’économie russe « en ciblant spécifiquement les raffineries de pétrole et les infrastructures ». Son message rejoint celui des capitales occidentales qui tentent de calibrer la pression économique sans perdre le contrôle des effets secondaires sur l’énergie. C’est le même calcul qui traverse aussi des dossiers sans lien direct avec le champ de bataille, du pétrole à Téhéran au cessez-le-feu précaire entre Washington et Téhéran, où l’équilibre reste fragile.
Dans le sport, la Fédération internationale de gymnastique a annoncé lundi qu’elle lèverait immédiatement toutes les restrictions imposées aux athlètes russes et biélorusses depuis février 2022. Ils pourront désormais concourir sous leurs propres drapeaux, une première depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine. La décision ajoute un signal de normalisation à un moment où les sanctions, la diplomatie et les gestes symboliques vont dans des directions opposées.
Au milieu de ce climat, Andriï Iermak a versé une caution d’environ 2,7 millions d’euros, soit 140 millions de hryvnias, dans une enquête pour corruption. Il devait être remis en liberté d’ici la fin de la journée de lundi. Iermak a dirigé l’administration présidentielle de Volodymyr Zelensky de 2020 à 2025, avant de démissionner en décembre après avoir été cité dans un scandale de corruption portant sur des millions de dollars. La séquence rappelle que, pour Kiev, la guerre à l’extérieur et la fragilité politique à l’intérieur avancent souvent ensemble.

