À 23 ans, Zachary Bolduc est devenu la « petite peste du Canadien » en séries, portant le chandail du Tricolore dans la quête d’une 25e Coupe Stanley. Pour ceux qui l’ont vu grandir, le voir dans cette chaise, au cœur des séries, a quelque chose d’évident et de presque insolent à la fois.
Richard n’a pas cherché bien loin pour résumer ce que représentait cette étape: « C’était l’équipe de la famille », a-t-il dit du Canadien, un club que les Bolduc soutenaient déjà de longue date. Et quand il parle du moment présent, le ton change vite. « Imaginez combien nous sommes fiers de lui aujourd’hui ! »
Cette fierté prend racine loin des projecteurs, au bout d’une patinoire de quartier à Saint-Grégoire, à l’ouest de Bécancour. Après l’école, Bolduc faisait de cet anneau municipal son centre de gravité. Il y patinait, y répétait ses tirs de rondelle et y passait ses fins d’après-midi avec la même logique tranquille: revenir, recommencer, améliorer un geste, puis un autre. À 4 ans, il portait déjà les couleurs des Stars TBT, une équipe de hockey d’été, avant de passer en novice avec les Riverains de Bécancour.
Joaquim Lemay, qui le connaissait de cette époque, se souvenait d’un garçon qu’on repérait sans effort. « Si tu cherchais Zach, il n’était jamais dur à trouver: il était soit à la patinoire, soit en train de marcher de la patinoire jusqu’à la maison pour aller chercher de l’eau ! » a-t-il raconté. Jacob Guévin, lui, retenait surtout un patineur déjà un peu différent des autres. « Il avait vraiment un très bon lancer et il a toujours patiné un peu plus vite que les autres », a-t-il dit. « Il n’avait même pas 10 ans et tout le monde savait que ça allait être un joueur de hockey ! »
Ce profil-là n’a pas tardé à attirer l’attention. À 14 ans, l’agence de Pat Brisson a pris Bolduc sous son aile, un tournant précoce pour un jeune déjà identifié comme un travailleur acharné, obsédé par l’idée d’élever son jeu. Plus tard, il a porté les couleurs des Estacades de Trois-Rivières, une autre étape d’un parcours qui a gardé la même direction: progresser, encore. Pour comprendre ce chemin, on peut aussi lire le portrait de son ascension au cœur des séries dans ce dossier sur la confiance gagnée par Bolduc.
Dominic Ricard le décrit comme « un jeune qui était brillant, passionné, motivé, rêveur ». Le portrait colle encore à l’attaquant droit aujourd’hui, à ceci près que l’ambition a pris toute sa mesure. Ricard le dit sans détour: « Zach carbure aux défis: il vise haut, il veut être le meilleur, il est orgueilleux ». Et il ajoute qu’il était déjà « tout un athlète », excellent au baseball et doté, aujourd’hui encore, d’un solide swing de golf. Le hockey, pourtant, a fini par tout absorber.
Le contraste entre le garçon de la patinoire de quartier et le joueur qui dérange maintenant ses adversaires en séries résume le sens de son histoire. La famille Bolduc a longtemps vibré pour le Bleu-Blanc-Rouge; aujourd’hui, c’est l’un des siens qui aide le Canadien à poursuivre le rêve de la 25e Coupe Stanley. La suite, pour Bolduc, ne tient plus à la promesse. Elle tient à sa place déjà gagnée dans la poussée printanière du club montréalais.

